Google siphonne 0,01% de l'électricité mondiale. Quelque chose cloche ?

Centrale nucléaire menaçante

0,01% de l'électricité mondiale est siphonnée par les serveurs de Google.

Arrêtons-nous un instant pour digérer ce chiffre ahurissant : une entreprise consomme à elle seule, pour les besoins de son activité, un dix-millièmes de l'électricité mondiale (d'après cette récente étude portant sur l'évolution de l'électricité consommée par les centres de traitement des données).

Google est un exemple emblématique, mais on devine que d'autres entreprises du secteur comme Amazon, Apple, Microsoft et Facebook sont également fortement consommatrices.

Cette colossale concentration de l'énergie consommée n'est malheureusement que la traduction de la non-moins colossale concentration de l'activité du secteur et du pouvoir accumulé à l'excès par quelques entreprises devenues omniprésentes.

Peut-il vraiment ressortir quelque chose de bon de tels déséquilibres ?

Cette question, Benjamin Bayart, spécialiste d'Internet (un de mes deux maîtres à penser, l'autre étant Richard Stallman – d'ailleurs je vous suggère vivement de regarder leurs vidéos si ce n'est pas déjà fait : tous deux s'expriment avec une merveilleuse limpidité), nous invite encore une fois à nous la poser dans cette récente interview s'agissant du réseau des réseaux, mais pas que. Le propos s'étend à d'autres domaines, tout étant finalement lié.

Cet extrait me parait ainsi tout à fait d'actualité (mais l'interview dans son ensemble est à lire) :

Une illustration très parlante : les écolos sont en train de se saisir de cette idée de réseau acentré, et tout ce qu’ils construisent autour de la notion de développement durable ressemble énormément à Internet. Exemple : les travaux se penchant sur la meilleure façon de gérer l’électricité dégagent deux gros modèles. Soit on a recours à d’énormes centres, qui diffusent des puissances électriques monumentales sur des réseaux gigantesques et où on utilise à peu près 30 % de l’énergie pour chauffer le réseau (c’est-à-dire qu’on la perd en ligne). Soit on est sur des modèles totalement acentrés, où chacun produit un petit peu d’électricité servant à se chauffer (si nécessaire), ou à chauffer les voisins (si superflu). Les écolos se rendent compte, aujourd’hui, que ce second modèle est beaucoup plus efficace.

Ce modèle ressemble d’ailleurs beaucoup à d’antiques modèles de société, qui sont des sociétés beaucoup plus résilientes. Au XVIe siècle, la peste avait besoin d’un bon bout de temps pour aller d’une partie du pays à l’autre ; aujourd’hui, elle ne mettrait pas quinze jours... La résilience de ces réseaux, on la connait donc depuis très longtemps. Le grand intérêt des systèmes ultra-centralisés qu’on a commencé à construire au Moyen-Âge était de gagner en communication, en vitesse, de permettre à la civilisation de progresser beaucoup plus vite. Mais quand on arrive à l’extrême de ces modèles-là, on débouche sur le monde de la fin du XXe siècle. Soit des sociétés folles, qui sont devenues très fragiles – presque rien suffit à les faire vaciller. Des systèmes dangereux – à l’image des centrales nucléaires. Le problème est là.

Il en va de même en ce qui concerne les serveurs. Si vous avez chez vous un petit bout de serveur qui correspond parfaitement à la puissance dont vous avez besoin (soit moins de puissance qu’un iPhone pour la majorité des gens, c’est-à-dire une quantité d’énergie très limitée) : parfait. Pas besoin d’alimenter des bandes passantes énormes vers des serveurs qui sont à l’autre bout de la planète, stockés par centaines de milliers dans un data-center de 30 000 mètres carrés qu’il faut refroidir en permanence – pour peu que ce soit dans les déserts de Californie, il faut les climatiser.... L’efficacité énergétique est bien meilleure quand le réseau est décentralisé, il est même possible de l’alimenter avec un petit peu de photovoltaïque. Essayez un petit peu d’alimenter un data-center avec du photovoltaïque, on va doucement rigoler... Pour résumer : tel qu’il existe aujourd’hui, le coût énergétique du réseau est négligeable par rapport aux gains qu’il permet ; mais il est très important par rapport à ce qu’il pourrait être. Par contre, le coût énergétique des machines de Google – qui ne participe pas du réseau, mais des services – est tout simplement énorme. Vous saviez que Google, qui doit faire tourner peu ou prou dix millions de machines, était le deuxième ou troisième plus gros fabricant d’ordinateur au monde ? Juste pour ses propres besoins... C’est du délire.

Je ne sais pas pour vous, mais moi, les monstres que nous contribuons à créer me font de plus en plus peur...

7 commentaires

#1 mercredi 03 août 2011 @ 08:33 skc a dit :

Comme d'habitude les écolos lancent des chiffres sans rien vérifier, et ils se dé-crédibilisent eux même.

Affirmer que l'on perds 30% d'énergie en plus en distribuant l'énergie à grande échelle est tout simplement RIDICULE.

Belle affirmation sans lien avec la réalité. Le réseau de distribution concerne tout le circuit depuis le site de production jusqu'au client, c'est à dire le 230v pour les particuliers, et de plus hautes tensions pour certaines industries.

Wikipedia dans http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_%C3%A0_haute_tension annonce 2,5% et RTE quasiment la même valeur de 11,3 TWh http://www.rte-france.com/fr/developpement-durable/nos-engagements-3/environnement-2/mesurer-l-impact-carbone/l-enjeu-des-pertes-electriques-sur-le-reseau pour le réseau de distribution.

#2 mercredi 03 août 2011 @ 13:44 Etenil a dit :

Je suis d'accord avec skc, les chiffres sortis du chapeau comme ça, ça n'a pour seul effet que de ridiculiser celui qui les rapporte.

Par contre l'autre point sur lequel tu passe complètement dans ton article, c'est que non seulement les datacenters de Google consommment 0.01% de l'électricité mondiale, mais aussi 0.8% de l'électricité consommée par tous les datacenters du monde (J'ai perdu la source dsl :'().

Par un rapide calcul, on arrive donc au fait que le monde dédie 1.25% de sa production électrique au traitement de ses données (en datacenter du moins).

#3 mercredi 03 août 2011 @ 16:48 antistress a dit :

@ Etenil : il y aplein de choses dans cette étude, comme le nombre de serveurs de Google et son évolution sur 10 ans etc.
Ce que j'ai trouvé le plus emblématique, d'où cet article, c'est non pas que l'ensemble des entreprises d'un secteur consomme tant, mais qu'une entreprise consomme à elle seule 1/10.000è de l'énergie mondiale pour son activité.
C'est une vraie dérive

#4 mercredi 03 août 2011 @ 17:27 skc a dit :

@antistress: Le problème est que quasiment tout ce qui est affirmé avec le plus grand aplomb est contestable. Pourquoi est-ce que personne ne fait fonctionner son cerveau ?

J'ai déjà parlé des 30% de perte en ligne qui est tout simplement un mensonge.

La décentralisation telle qu'elle est présenté est également une ânerie. Pour faire des économies, on pousse justement a mutualiser les ressources. Acheter une machine à laver pour 10 qui fonctionne 50% du temps plutôt que 10 machines à laver qui fonctionne 5% du temps. Faire de l'auto-partage plutôt que laisser les voitures inutilisées sur les parkings.

Prenons un exemple que chacun transposera comme il le souhaite: Le pays A consomme 35GW durant une partie de la journée et 51GW pendant l'autre partie. Le pays B est dans un fuseau horaire différent et a des habitudes différentes, sa consommation est inverse.

Avec le marché global de l'électricité, il est nécessaire d'avoir une capacité de production de 86GW. Avec la solution « écologique » proposée, il faut fabriquer des centrales pour une capacité de 51GW dans le pays A et autant dans le pays B (puisqu'ils n'échangent rien), soit 102GW. Mauvaise économie. L'analogie avec la peste ne parle pas d'écologie, mais de protectionnisme, une méthode pour rallier l'électorat de l’extrême droite ?

Même constat avec le serveur de la puissance de l'iPhone. Certe la puissance d'un iPhone pourrait suffire à un occidental moyen; mais rare sont les personnes moyennes. Une personne qui fait une recherche sur internet ne va certainement pas se satisfaire de la puissance de calcul d'un iPhone, tandis que la personne qui n'approche pas internet n'en aura pas besoin (avec cette technique le premier va bientôt rejoindre le second). Si Google fonctionne, c'est parce que pendant les 0,2 secondes que durent la recherche, plusieurs ordinateurs puissants collaborent pour produire la réponse. A nouveau si chacun a ses serveurs, soit on multiplie leur nombre (qui ne vont rien faire la majeur partie de la journée) soit on dégrade considérablement le service (ça vous dit d'attendre 5 minutes d'avoir la réponse ?).

La proposition est encore plus faussée parce qu'elle ne tient pas compte des données. J'ai 4 Go de mail; ok je peux les stocker sur mon serveur perso; mais je perds les 536 Go de données qui restent sur mon disque. Par contre, pour faire une recherche, je dois transformer mon salon pour stocker les milliers de To que représente la base de donnée de recherche de Google; et m'arranger pour faire vivre ces données.

Après ça on a le droit à « l'efficacité énergétique est bien meilleure quand le réseau est décentralisé ». Non et re-non, c'est archi-faux, c'est exactement le contraire !

« il est même possible de l’alimenter avec un petit peu de photovoltaïque » Super, et lorsqu'il n'y a pas de lumière, je démarre le groupe au mazout dans la cave ?

Ça n'a rien d'écologique, c'est exactement l'inverse.

#5 jeudi 04 août 2011 @ 01:46 antistress a dit :

@ skc : ce que tu dis parais censé (jusqu'à ton avant dernier phrase : je me suis un peu renseigné, il parait qu'on est sur le point d'inventer les accumulateurs...)

#6 jeudi 04 août 2011 @ 14:09 skc a dit :

@antistress Exact, il y a les accumulateurs. Il faudrait faire le calcul pour voir le coût. Il faut compter avec un coût de production élevé, un vieillissement rapide, une perte d'au moins 10% de l'énergie entre la charge et la décharge (cette fois plus importante que le transport).

Il y a des avancées technologiques intéressantes dans ce domaine, mais ça reste très expérimental. J'espère qu'on arrivera a des choses industrialisables.

#7 mardi 20 septembre 2011 @ 04:18 non a dit :

Non non mais skc est une profond abrutis qui braille son arrogance, c'est tout.

Construire des centrales, et puis quoi encore…

Solaire, éolien, hydrolien, marée motrice, géothermie etc…

Quand a la consommation, BB a suffisamment démontré et d'autres, qu'il etait plus intelligent (pour le réseau et l'environnement) d'avoir chacun sont petit bout d'internet chez soit plutot que chez google, M$, faceplouck and co

un téléphone portable (ou chose équivalente en puissance etc) qui tourne chez soit pour faire serveur mail, wahou, quel folle consommation d'énergie…

Enfin bref, on est sur internet, suffit de chercher pour s'informer, ca sert a rien de brailler, ca donne juste envie de taper sur les cons qui le font(et qui sont éventuellement payer pour ou qui y ont intérêt direct ou indirect).

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