Débuter : Qu'est-ce qu'une distribution GNU/linux ?

Bébé habillé d'un body Tux

Qu'est-ce qu'une distribution GNU/linux en pratique ? Et pourquoi parle t-on de distributions GNU/Linux au pluriel ?

Contrairement aux systèmes Windows et Mac où l'interface et le noyau sont liés (par analogie avec la voiture, considérez que l'interface est la carrosserie, et que le noyau est le moteur), le noyau Linux est conçu de façon autonome et peut être appairé à n'importe quelle interface conçue pour lui.

Ainsi les téléphones Android reposent sur un noyau Linux pour lequel Google a développé sa propre interface (je simplifie grandement), laquelle peut elle-même être modifiée par le constructeur (par exemple : Samsung a développé sa propre interface nommée TouchWiz).

Sur les PC, il existe différentes interfaces pour le noyau Linux, dont les plus connues sont GNOME, KDE, Xfce et Unity.

Hormis Unity qui est propre au système Ubuntu, les autres interfaces peuvent être appairées au noyau Linux et proposées avec une sélection de logiciels propre, suivant une infinité de combinaisons.

En fonction des choix notamment techniques effectués, ces différentes combinaisons donnent lieu à ce que l'on appelle des distributions GNU/Linux, c'est à dire un système d'exploitation complet reposant sur une des interfaces mentionnées ci-dessus et offrant un choix de logiciels par défaut en fonction de la cible visée (distribution généraliste, distribution destinée à la création multimédia, distribution destinée aux serveurs...). Ubuntu, Fedora, Mageia ou encore Debian sont quelques unes des distributions GNU/Linux généralistes existantes.

À noter que parfois une distribution est à ce point complète qu'elle offre le choix entre différentes interfaces ! Ainsi j'utilise personnellement une distribution GNU/Linux Debian avec l'interface GNOME, mais Debian permet aussi d'utiliser une autre interface comme KDE ou Xfce.

Ces distributions sont-elles compatibles entre elles ?

Rassurez-vous : ces choix techniques qui forment les distributions se font dans le respect d'un cahier des charges commun à tous les systèmes GNU/Linux, de sorte qu'au final un logiciel conçu pour GNU/Linux (Firefox, LibreOffice, VLC, GIMP et tant d'autres) fonctionnera sur n'importe laquelle de ces distributions utilisant n'importe laquelle de ces interfaces graphiques... Un peu comme une application Android peut fonctionner sur différents smartphones Android de différents constructeurs !

Un exemple : la distribution que j'utilise en ce moment

J’utilise actuellement une distribution Debian GNU/Linux avec l'environnement graphique GNOME.

Pourquoi « actuellement » ? Parce que, nous l'avons vu, dans la mesure où un logiciel est conçu pour systèmes GNU/Linux, il fonctionnera sur n'importe quelle distribution GNU/Linux. Il est dès lors assez facile de changer de distribution puisque vous retrouverez dans tous les cas vos logiciels habituels.

Cliquez ici pour voir à quoi ressemble le système que j'utilise.

Je le trouve pour ma part très classe et ergonomique, mais c'est bien sûr une affaire de goût.

L'interface, moderne, a été complètement refondue en avril 2011 et évolue rapidement d'une version à l'autre (une nouvelle version sort tous les six mois selon un principe bien connu de l'Open Source : release early, release often – cela valorise/encourage notamment les contributions aux projets car celles-ci se matérialisent rapidement, mais rassurez-vous la mise à jour n'a rien d'obligatoire !).

À retenir :

  • Il n'existe pas un système GNU/Linux à mettre en face de Windows ou MacOS, mais des distributions GNU/Linux, avec parfois des interfaces très différentes ;
  • Un logiciel conçu pour GNU/Linux fonctionnera quelle que soit la distribution choisie.
Pour aller plus loin, lire : « Débuter : Essayer un système libre GNU/Linux sans rien installer ! ».

2 commentaires

#1 mercredi 20 mars 2013 @ 18:42 Sinma a dit :

Ah, une initiative sympa! Ce genre d’explication a beau être très courante, beaucoup sont moyennes, et la tienne fait partie de celles qui sont intéressantes! :D

Par contre un truc que je regrette, c’est que certains détails sont un peu inutiles (raconter l’histoire de GNOME, je pense que ça intéresse pas grand monde à ce stade). Et puis du coup je me demande si ça a vraiment un intérêt de parler de Debian, du coup le tout débutant risque de se casser les dents dessus.

En revanche deux arguments m’ont semblé très intéressants parce que pertinents et peu mis en avant ailleurs:
– la parallèle entre maitriser une interface bureau et tactile et maitriser deux interfaces bureaux différentes, pour montrer que c’est pas compliqué
– introduire le «release early, release often» je n’y avais pas pensé, un argument pas souvent ressorti mais qui pourtant à une importance fondamentale dans la culture du logiciel libre…

Enfin, tout est très clair, les différences entre distributions regroupées sous le terme «choix notamment techniques», je trouve ça juste excellent, concis et précis.

Librement,

#2 jeudi 21 mars 2013 @ 01:29 antistress a dit :

Salut Sinma !
Merci pour ton retour positif, ça fait plaisir :-)
J'ai essayé de remanier/alléger un peu la partie sur GNOME suite à tes justes critiques...
Le parallèle avec Androïd m'est venu en cours d'écriture de ce billet : quand on pense à tous les windowsiens qui rejettaient GNU/linux au motif que l'interface était différente et qui utilisent aujourd'hui un smartphone... La différence c'est qu'un smartphone ressemble pas à un PC alors ils n'ont pas l'impression de trahir/changer une habitude. Mais ça c'est un problème psychologique inhérent à la nature humaine, il n'y a pas qu'un grand chose qu'on puisse faire sauf à proposer du matériel customisé pour avoir l'air différent, sur lequel on aurait préinstallé un GNU/Linux. Et puis coller une marque dessus, ça répond aussi à une attente je pense (genre un logo aussi gros qu'une pomme).

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