Les bases du montage vidéo : exemple avec Pitivi

Capture d'écran de Pitivi
Pitivi 0.92

Je parle souvent de Pitivi sur ce blogue. Pitivi est un logiciel destiné au montage vidéo.

Les grandes lignes de son interface sont très classiques pour un logiciel de montage vidéo. Là où Pitivi innove c'est qu'il est conçu pour simplifier les choses au maximum, en suivant la maxime selon laquelle le mieux est l'ennemi du bien (en anglais : less is more).

Pourtant certains n'ont jamais approché un logiciel de montage vidéo. Je propose donc de vous en présenter les bases.

L'agencement général de l'interface

La capture d'écran en tête de ce billet vous montre à quoi ressemble l'interface d'un logiciel de montage vidéo comme Pitivi.

Décomposons ensemble ses principaux éléments – un peu de couleur nous aidera à y voir plus clair :

Capture d'écran de Pitivi

Nous pouvons distinguer quatre éléments principaux :

Le premier élément de l'interface (panneau de gauche coloré en vert) est la bibliothèque des médias (1) : c'est ici que vous répertorierez les séquences dont vous aurez besoin pour le montage. Il s'agira principalement de vidéos, mais il peut s'agir aussi de sons (pour ajouter une mélodie ou des bruitages à votre film) ou d'images (pour insérer des images fixes dans votre film – par exemple pour créer un générique).

Le deuxième élément de l'interface (partie inférieure colorée en bleu) est la piste de montage (2) (en anglais : timeline) où vont s'effectuer les opérations de montage. Celle-ci se comporte comme une frise chronologique horizontale, se déroulant de la gauche vers la droite. Ajoutez une séquence vidéo B à droite d'une séquence existante A pour obtenir un film dans lequel s'enchaîneront les séquences A puis B.

Le troisième élément de l'interface (panneau de droite coloré en jaune) est le lecteur (3) : il agit comme un moniteur vidéo qui va vous permettre de visualiser le résultat de l'assemblage réalisé sur la piste de montage (2).

Enfin le quatrième élément de l'interface (panneau du centre coloré en rouge) vous offre un choix de transitions (4). Nous avons vu qu'à l'aide de la piste de montage (2) il était très facile de faire se succéder deux séquences : il suffit de les placer l'une après l'autre sur ladite piste de montage. Mais vous pouvez préférer ajouter un effet animé entre ces deux séquences, afin par exemple que la première s'efface doucement en laissant apparaître la seconde par transparence, ou bien que la première laisse la place à la seconde à la façon d'une page qui se tournerait et dévoilerait ainsi la suivante.

Démarrer avec Pitivi

Capture d'écran de Pitivi

Ci-dessus, l'interface qui s'affiche lorsque vous lancez Pitivi. Un écran de bienvenue vous accueille que je vous propose de fermer pour cette première fois (à l'aide de la croix à droite du message de bienvenue ou bien de la touche « Esc ») afin de retrouver l'interface décrite dans le paragraphe précédent.

Capture d'écran de Pitivi

Vous voici donc aux commandes de l'interface précédemment décrite. Cliquez sur le bouton « Importer » (entouré en rouge dans l'image ci-dessus) de la bibliothèque des médias (1) pour ajouter les séquences qui constitueront la « matière première » de votre ouvrage. Dans l'exemple ci-dessus, j'en ai ajouté deux.

Capture d'écran de Pitivi

Il est possible que les séquence s'affichent sous forme de grosses icônes placées les unes à côté des autres plutôt que sous forme de petites icônes en ligne comme précédemment : le choix de l'affichage se fait en utilisant le bouton entouré de rouge dans la capture ci-dessus.

Capture d'écran de Pitivi

Ci-dessus : double-cliquer sur l'icône d'une séquence de la bibliothèque des médias (1) ouvre une fenêtre permettant de visualiser ladite séquence (utilisez la croix en haut en droite de ladite fenêtre ou bien cliquez n'importe où en dehors de la fenêtre pour la fermer).

Capture d'écran de Pitivi

Pour positionner des séquences de la bibliothèque des médias (1) sur la piste de montage (2) il suffit de sélectionner chacune des séquences, dans l'ordre dans lequel vous souhaitez les voir apparaître dans votre film, et de presser pour chacune le bouton entouré de rouge dans la capture ci-dessus : alors Pitivi positionnera précisément pour vous les séquences sur la piste de montage, les unes après les autres, sans que vous n'ayez à vous soucier de les ajuster.

On continue avec le réglage des paramètres du projet

Capture d'écran de Pitivi

Tout à l'heure nous avons décidé d'ignorer l'écran de bienvenue. Or celui-ci permettait de configurer précisément votre projet, c'est à dire principalement de choisir la résolution et la cadence (en nombre d'images par seconde) de votre film. Vous pouvez retrouver cet écran de configuration en déroulant le menu « Édition » jusqu’à l'entrée « Paramètres du projet ». Mais si vous souhaitez utiliser les mêmes paramètres pour votre projet que ceux d'une des séquences déjà présentes dans la bibliothèque des médias (1), il vous suffit de sélectionner ladite séquence et d'actionner le bouton de la bibliothèque des médias entouré en rouge sur la capture ci-dessus pour faire apparaître une fenêtre regroupant les paramètres de ladite séquence, puis de cliquer sur le bouton « Appliquer au projet » au bas de cette fenêtre pour demander à Pitivi de configurer automatiquement le projet en fonction de cette séquence.

Capture d'écran de Pitivi

Dans mon cas, les deux séquences avaient chacune leur propre résolution. Dans la capture ci-dessus j'ai demandé à Pitivi de régler automatiquement le projet en fonction de la première séquence (de résolution 640×272)...

Capture d'écran de Pitivi

...et dans la capture ci-dessus j'ai demandé à Pitivi de régler automatiquement le projet en fonction de la deuxième séquence (de résolution 720×400). Notez que le format du lecteur (3) s'est adapté en conséquence dans chacun des deux cas (il est plus haut sur la deuxième capture).

Réaliser des transitions

Capture d'écran de Pitivi

La possibilité de réaliser facilement des transitions spectaculaires fait partie des satisfactions ressenties lorsque l'on commence à faire du montage vidéo assisté par ordinateur. Pour réaliser une transition, il vous suffit de faire chevaucher vos deux séquences vidéo : pour cela, dans la piste de montage (2), ramenez la séquence de droite vers celle de gauche jusqu'à ce que celle de droite empiète visiblement sur celle de gauche (n'ayez pas peur, les modifications que vous effectuez sur la piste de montage n’altèrent pas votre matériau de base) ce qui se matérialise par une zone grisée à la jonction des deux séquences. Bravo : vous venez de réaliser une transition très utilisée au cinéma, nommée « fondu enchaîné » (en anglais : crossfade), qui consiste à faire en sorte que la séquence en cours s'efface doucement pour laisser apparaître une nouvelle séquence par transparence. C'est la transition par défaut. D'autres transitions plus sophistiquées sont à votre disposition : cliquez sur la transition (la zone grisée marquant le chevauchement des deux séquences sur la piste de montage) pour activer le panneau de choix des transitions (4) et sélectionnez celle qui vous plaît le plus (utilisez le lecteur (2) pour découvrir le rendu de chacune).

Le rendu

L'étape finale du rendu consiste simplement à demander à Pitivi de réaliser effectivement le film tel que nous le lui avons décrit dans la piste de montage (2) et de l'enregistrer dans le format de notre choix. Utilisez le bouton « Effectuer le rendu... » situé dans la barre d'outils supérieure du logiciel, au dessus de la bibliothèque des médias (1).

Astuce finale et conclusion

Si vous bénéficiez d'un écran de taille confortable, voire de plusieurs écrans, vous avez la possibilité de détacher le lecteur (2) du reste de l'interface pour le positionner et l'agrandir comme bon vous semble (menu « Affichage », entrée « Détacher le lecteur »). Vous pouvez aussi détacher la bibliothèque des médias (1) et le panneau de choix de transitions (4) en tirant leurs onglets respectifs. Utiliser ensuite la croix de fermeture située en haut à droite du panneau détaché pour lui faire regagner sa place.

Nous avons vu ensemble le fonctionnement général de Pitivi. Lorsque vous serez bien à l'aise avec ces bases, vous pourrez ensuite utiliser les outils à droite de la piste de montage (2), pour recouper des séquences par exemple. Puis vous pourrez vous amuser avec des effets que vous trouverez dans l'onglet attenant à la bibliothèque des médias (1). Enfin vous découvrirez les courbes de niveau audio et vidéo en surimpression des séquences de la piste de montage (2)... Mais ceci est une autre histoire. D'ici là, bon montage vidéo !

8 commentaires

#1 vendredi 20 décembre 2013 @ 05:30 Maps a dit :

Salut antistress,

C'est vrai que Pitivi, c'est du bonheur en barre ! Ça fait déjà quelques temps que je l'utilise avec satisfaction. En l'occurrence, ce n'est vraiment pas le mieux est l'ennemi du bien, mais bien plus la philosophie KISS appliquée au montage vidéo ! Parfait pour GNOME (ouh le lançage de vilain troll).

Par contre... je suis bloqué en 0.15 ! Sous Debian Jessie (avec un peu d'apt-pining pour faire joli), j'ai suivi ton message sur LinuxFR, l'installation de la 0.92 se fait sans aucun souci (en même temps que les dépendances). Et quand je lance : une belle erreur de segmentation. Rien d'autre, pas de message.

Une idée par où chercher ? À quel endroit serait-il plus pertinent de poser la question ?

Merci !
Maps

#2 vendredi 20 décembre 2013 @ 12:16 hogren a dit :

J'ai lu juste pour le fun.
Je ne connaissait pas pitivi.

Ca ressemble beaucoup à OpenShot non ?

Je ne fait pas beaucoup de montage vidéo alors pardonnez mon ignorance.

En tout cas, bon tuto, pour les bases.
On attends des tutos plus poussés :)

#3 vendredi 20 décembre 2013 @ 12:36 antistress a dit :

@Maps : essaye de récupérer des infos avec http://wiki.pitivi.org/wiki/Bug_reporting et poste un rapport de bogue ils sont très réactifs

#4 mardi 24 décembre 2013 @ 21:01 Kiddo a dit :

Bel article, merci :)

<blockquote>le mieux est l'ennemi du bien (en anglais : less is more)</blockquote>

En fait tu te trompes d'adage... en anglais, "perfect is the enemy of good" existe et est utilisée, bien que piquée du français à l'origine (voir http://en.wikipedia.org/wiki/Perfect_is_the_enemy_of_good ).

Less is more, ça se traduit à peu près par "moins y'en a, mieux c'est" ou "trop, c'est comme pas assez" (en québécois :) évidemment c'est une traduction directe (et correcte), mais étrangement la francophonie n'est pas trop habituée à cette expression. Pour c'que ça vaut, http://fr.wikipedia.org/wiki/Minimalisme_%28art%29 fait mention de l'expression "Moins c'est plus".

#5 jeudi 26 décembre 2013 @ 05:06 Maps a dit :

Pour le rapport de bug, c'est fait : https://bugzilla.gnome.org/show_bug.cgi?id=721068

À suivre...

Joyeux Noël !
Maps

#6 vendredi 27 décembre 2013 @ 01:40 Maps a dit :

Bon, si j'avais attendu un jour de plus pour rapporter le bug, je n'aurais peut-être même pas eu besoin de le faire ! Il semblerait qu'une MAJ de Debian ait réglé mes problèmes...

Me reste quelques jours de fêtes pour en profiter à fond :)

Maps

#7 mercredi 01 janvier 2014 @ 01:07 antistress a dit :

@Kiddo : Tiens c'est marrant je suis tombé sur ce livre à la médiathèque : "Moins c'est mieux !" de Michael Simperl... Que je me suis empressé de lire ;) Peut-être que l'expression va s'imposer ?

@Maps : parfait ! Alors ce test ?

#8 jeudi 02 janvier 2014 @ 19:44 Fabien a dit :

J'avais eu le même problème que Maps et j'ai eu la même résolution que lui.
A priori, le souci venait d'une dépendances mal packagé sous debian python-pil qui a été mis à jour récemment.

Je vais mettre à jour le bug que j'ai réactivé upstream : https://bugzilla.gnome.org/show_bug.cgi?id=701420

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