Les anti-fonctionnalités

Rédigé par antistress le 07 avril 2014 - 36 commentaires

La liberté enchaînée, par Luciano Castelli (1990) : Tableau de femme dont les bras sont des chaînes

Pourquoi je veux vous parler des anti-fonctionnalités ? Parce que, parmi les avantages intrinsèques du logiciel libre, il y a le fait que le celui-ci vous protège des anti-fonctionnalités.

Exceptionnellement je ne vous propose pas un billet original ; au lieu de cela je vais reprendre littéralement deux très bons exposés sur le sujet, l'un de Benjamin Mako Hill que vous ne trouverez qu'au milieu de cette conférence donnée dans la langue de Shakespeare et qui alimente les deux premiers paragraphes de ce billet, l'autre de Benjamin Bayart que vous ne trouverez qu'au milieu de cette longue (et passionnante) vidéo et qui alimente le troisième et dernier paragraphe de ce billet. Or il me parait important d'attirer votre attention sur le mécanisme des anti-fonctionnalités.

De quoi s'agit-il ?

Une anti-fonctionnalité est une fonctionnalité conçue par le fabricant d'une technologie de telle façon que l'utilisateur de la technologie va la détester.

C'est le contraire d'une fonctionnalité qui fait que la technologie va faire quelque chose que vous voulez : une anti-fonctionnalité est conçue pour qu'une technologie fasse quelque chose que vous ne voulez pas qu'elle fasse.

C'est quelque chose que les utilisateurs détestent tant qu'ils seraient prêt à payer pour avoir la chance de la supprimer.

Attention : comme une fonctionnalité, une anti-fonctionnalité c'est quelque chose qui a dû être développé : ce n'est pas un bug, ce n'est pas une fonctionnalité manquante, c'est une fonctionnalité ajoutée, mais c'est une fonctionnalité négative dans le sens où ça fait faire à la technologie quelque chose que vous ne voulez pas qu'elle fasse.

Un exemple logiciel : Windows

Ex : Windows NT 4.0 et ses deux versions : Poste de travail (Workstation) et Serveur (Server)

Jaquettes des deux versions de Windows NT 4.0 : Poste de travail, et Serveur

Alors que Windows NT Server incluait une série d'applications serveur absentes dans la version NT Workstation, Microsoft soutenait que les systèmes d'exploitation eux-mêmes étaient « deux produits distincts destinés à deux types d'usages très différents ». NT Server, prétendait Microsoft, était taillé sur mesure pour être un serveur Internet, tandis que NT Workstation était tout à fait inadapté. Dans le but de bien marquer cette différence, la version NT Workstation et aussi l'accord de licence limitaient les utilisateurs à un maximum de dix connexions TCP/IP (pour Internet), tandis que la version NT Server demeurait sans limitations.

Beaucoup d'utilisateurs remarquèrent que les deux versions de Windows NT étaient très semblables. En creusant un peu la question, une analyse publiée par O'Reilly et Associés révéla que le noyau, et de fait tous les fichiers binaires de NT Workstation étaient identiques à ceux qui se trouvaient dans NT Server. L'unique différence entre les deux noyaux se trouvait dans l'information destinée à l'installation du système d'exploitation, la version serveur proposait diverses options ou drapeaux pour la marquer soit comme « Workstation » soit comme « Server ». Si la machine était identifiée comme « Workstation », cela désactivait certaines fonctionnalités et limitait le nombre possible de connexions au réseau. Il n'y avait qu'un bit d'écart entre les deux versions.

Des développeurs chez Microsoft ont réfléchi puis ont passé du temps à développer cette fonctionnalité dont le but est de limiter les possibilités du logiciel. Ils ont ensuite réalisé des tests pour s'assurer que l'utilisateur ne pourrait pas bénéficier de plus de connections.

C'est un procédé méthodique, industriel, pour rendre le logiciel moins bon qu'il ne serait sinon. La seule raison pour Microsoft de faire ça c'était de pousser les utilisateurs à acheter le produit plus onéreux s'ils voulaient s'en servir sur un serveur.

Mais c'était en 1996, et les choses sont sûrement différentes maintenant ?

Jaquettes des six versions de Windows NT 4.0 : Starter, Familiale Basique, Familiale Premium, Professionnel, Entreprise, et Intégrale

Les six versions (!) de Windows 7 se distinguent d'après la quantité de RAM que vous voulez utiliser. Ah oui, et on ne peut pas changer le papier peint avec Windows 7 Starter :

  • Windows 7 Starter (2 Go)
  • Windows 7 Édition Familiale Basique (8 Go)
  • Windows 7 Édition Familiale Premium (16 Go)
  • Windows 7 Professionnel (192 Go)
  • Windows 7 Entreprise (192 Go)
  • Windows 7 Édition Intégrale (192 Go)

Une fonctionnalité que Microsoft avait développée et a fini par abandonner est la limitation du nombre d'applications que l'utilisateur est autorisé à faire tourner simultanément dans l'interface. Avec la version Starter, l'utilisateur était limité à trois applications.

Ainsi si vous avez ouvert le Bloc-notes, la Calculatrice et Paint, et que vous voulez lancer Internet Explorer par exemple, le système vous répond aimablement que « Pour pouvoir ouvrir une autre application, enregistrez votre travail, puis fermez l'un des programmes ouverts ».

Une équipe de développeurs a donc été mobilisée pour créer cette fonctionnalité ; si vous y réfléchissez ce n'est pas une fonctionnalité triviale à implémenter : si vous êtes un ingénieur vous devez distinguer les applications qui tournent dans l'interface des autres, vous devez intercepter la quatrième application avant qu'elle ne se lance, afficher un message d'explication à l'utilisateur...

Starter était vendu à un prix bradé et il y avait un large projet dont le but était de le rendre tellement mauvais que les utilisateurs qui en avaient les moyens paieraient à coup sûr pour abandonner cette version pour une version plus onéreuse.

Voilà ce qu'est une anti-fonctionnalité.

Maintenant imaginez que vous êtes développeur chez Microsoft et que le soir vous rentrez chez vous et racontez votre journée en vous félicitant : « aujourd'hui j'ai rendu cette version de Windows vraiment, vraiment mauvaise » !

Du côté des logiciels libres, il n'est pas impossible que quelqu'un développe une anti-fonctionnalité mais ça ne peut pas durer dans le cas d'un logiciel libre parce que le logiciel libre donne le contrôle à l'utilisateur et que les anti-fonctionnalités sont conçues pour exploiter l'utilisateur (comme dans les exemples précédents). Et quand les utilisateurs ont le contrôle ça leur donne la possibilité de choisir et la plupart des utilisateurs choisissent de ne pas être exploité. Et le résultat est que les anti-fonctionnalités ne peuvent perdurer dans le monde Libre.

La résistance aux anti-fonctionnalités est un bénéfice véritablement inhérent aux logiciels libres.

Vous pouvez dire que je chipote et qu'après tout c'est courant aujourd'hui et que c'est devenu le business model de l’industrie des logiciels.

Mais je répondrai que ce n'est pas tout à fait exact : c'est le business model de l’industrie des logiciels propriétaires, et ce n'est pas pour rien qu'on les appelle aussi des logiciels privateurs. Je voudrais juste rappeler qu'il existe une alternative, qu'il s'agit des logiciels libres et que ceux-ci sont immunisés par nature aux anti-fonctionnalités.

Pour bien vous faire comprendre qu'il s'agit d'un sujet sérieux et qu'il ne faut pas aller trop vite en estimant que « après tout c'est une situation normale », je voudrais vous donner un autre exemple qui parlera à tout le monde.

D'autres exemples

Tout d'abord citez une machine de l'ère pré-informatique qui ait pour but d'empêcher quelqu'un de faire quelque chose.

À part une serrure ou des menottes, c'est assez rare.

En informatique, vous l'avez compris, ça devient banal.

Le souci c'est qu'aujourd'hui l'informatique ne se limite plus à l'ordinateur personnel. L'informatique est partout, par exemple dans tous les objets électroniques du quotidien.

Je prends un exemple tout bête : mon lecteur de DVD.

Celui-ci commence par vous passer tout un tas de logos où quand vous faites suivant ou menu il vous dit « interdit ». Il ne vous dit pas « je sais pas faire » : VLC y arrive il n'y a pas de raison que le lecteur de DVD n'y arrive pas. Il peut le faire, mais il veut pas.

Mon lecteur de DVD à moi dans mon salon, et il me dit à moi qu'il veut pas.

C'est pas un bracelet électronique qu'on m'a mis parce que j'ai fait des bêtises, c'est mon lecteur de DVD à moi.

Quand mon marteau je lui dis de taper sur un clou il dit pas « non ». Si le tailleur de pierre part en guerre contre son marteau, c'est qu'on a raté quelque chose.

Au mieux j'ai des appareils qui me disent : « je peux pas » : la cafetière, quand je viens de l'allumer, elle ne fait pas un café tout de suite parce qu'elle chauffe et elle me dit « je peux pas », mais il y a une raison technique à cela : elle peut pas.

C'est un problème beaucoup plus sérieux qu'il n'en a l'air ; ça veut dire que cet appareil est conçu pour obéir à quelqu'un qui n'est pas moi et qui impose par ses machines sa volonté à des populations entières.

Tant que c'est pour vous forcer à regarder la pub ou vous forcer à regarder le message qui dit que le piratage c'est mal et que pour regarder le film plus vite vous auriez dû le prendre sur bittorent c'est pas très très grave comme atteinte on va dire, mais le principe est extrêmement gênant : un accessoire chez vous ne vous obéit pas.

Quand votre smartphone refuse d’installer telle application qui n'a pas été certifiée par telle entreprise, c'est un problème.

Cette mécanique de fous, c'est la mécanique des DRM, c'est celle d'un fichier qui dit : « votre ordinateur ne doit pas le lire plus de cinq fois, ou ne doit pas le lire entre 22h et 6h ».

Vous ouvrez un PDF : « interdit de l'imprimer ». Obligé de le lire sur écran. De quel droit ?

Vendre des engins qui ont comme objectif de vous contrôler, ou dont certaines fonctionnalités ont comme objectif de vous contrôler, alors que ce n'est pas la mission première de l'engin (bracelet électronique, menotte, serrure c'est fait pour. On l'a même acheté exprès : si la serrure permettait de rentrer sans les clé on ne l’aurait pas acheté). Alors que l'iPhone qui vous interdit un certain nombre d'applications, c'est pas pour ça qu'on l'a acheté. Vous n'avez pas acheté votre marteau pour qu'il refuse d'enfoncer les clous.

D'autres exemples d'anti-fonctionnalités, que vous trouvez par exemple dans les applications pour smartphone :

  • Publicité : l’application contient de la publicité,
  • Surveillance : l’application surveille et/ou rapporte votre activité quelque part sans votre permission.

C'est un sujet sérieux : il devrait être interdit de vendre ce type d’appareils par lesquels les fabricants exercent un contrôle abusif sur l'utilisateur. C'est un problème de société qui devrait être traité au niveau politique.

J'espère qu'à travers l'exemple des anti-fonctionnalités j'ai réussi à illustrer une des différences fondamentales qui existe entre le logiciel privateur et le logiciel libre, à savoir qui contrôle la machine : l'utilisateur ou le concepteur.

Pour élargir le débat :

  • machines qui sont conçues pour vous empêcher,
  • non-neutralité du net,
  • responsabilité des intermédiaires du réseau,
  • espionnage massif des communications et donc de la population...

Ce sont clairement des marqueurs d'une société non démocratique.

36 commentaires

#1  - Adrien S. a dit :

Merci pour cet article :)

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#2  - Claude Picot a dit :

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce billet, merci

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#3  - Cédric a dit :

Mince alors, moi qui pensait que c'était un article sur GNOME...

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#4  - cep a dit :

« il devrait être interdit de vendre ce type d’appareils par lesquels les fabricants exercent un contrôle abusif sur l'utilisateur. »
Probablement.
Mais les utilisateurs en redemandent. De plus en plus.
Et, dans une certaine mesure le cloud, en particulier le cloud applicatif peut arriver au même résultat d'anti fonctionnalité.

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#5  - droop a dit :

"Tout d'abord citez une machine de l'ère pré-informatique qui ait pour but d'empêcher quelqu'un de faire quelque chose."

L'ampoule.
L'obsolescence programmée est aussi une anti-fonctionnalité comme tu les appelles : la mafia.. euh le consortium des fabricants d'ampoule ont payé des ingénieurs pour qu'il raccourcissent la durée de vie des ampoules

Ani-fonctionnalité pour les consommateur mais réelle fonctionnalité pour maximiser les bénéfices des fabricants

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#6  - Nico a dit :

Il est un peu facile de parler d'anti-fonctionnalités quand le véritable mot est "gamme" ou "options".

Le business-model du logiciel propriétaire repose sur les fonctionnalités du logiciel, rien de plus étonnant que celles ci soient du coup disponible en différentes gammes à différents prix. (cf Windows)
Que le code derrière soit le plus unifié possible est une bonne pratique de programmation, et n'y a rien à critiquer là dessus.

Le business-model du logiciel libre, au contraire, repose sur la facturation de service et de personnalisation. Et je vous le donne dans le mille : le libre ne facturera pas de la même manière une petite custo d'un jour de travail qu'il pourra réutiliser ensuite, d'une custo demandant 6 mois de travail pour une grosse multi-nationale qui ne sera pas réutilisable.

Concernant le fait que certains produits aient des axes de développement douteux n'est pas propre au logiciel propriétaire non plus, et se retrouve partout (obsolescence programmée pour les biens physique, etc).

A force d'être de mauvaise foi, le libre risque de perdre de plus en plus toute crédibilité...

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#7  - Reihar a dit :

@Nico

Pour faire une gamme, on ajoute des fonctionnalités en plus, comme par exemple, on code un joli serveur web qu'on ajoute à la version serveur.

C'est fondamentalement différent de se dire: bon, j'ai codé un OS, quelles limites absurdes et arbitraires vais-je rajouter pour créer des versions moins bonnes que je pourrais vendre moins cher ?

Dans un des cas, on ajoute des fonctionnalités pour vendre plus cher, c'est honnête, dans l'autre, on dépense beaucoup de temps et d'argent pour dégrader quelque chose de fonctionnel et le vendre moins cher alors qu'en réalité on augmente son coût mais bon ça rend le produit cher plus attractif…

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#8  - Keuvain a dit :

L'ampoule, les collants sont des objets dont l'obsolescence est programmée. Ceci a été décidé bien avant l'ère informatique

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#9  - Desidia a dit :

Sans vouloir être méchant, je suis un peu agacé par le message de Nico se concluant par «A force d'être de mauvaise foi, le libre risque de perdre de plus en plus toute crédibilité...» mais après tout, c'est une opinion légitime.

Comme le pseudo est un lien, je jette un coup d'oeuil sur le site dudit Nico pour en savoir plus et le premier truc que j'y lis est ceci:

«Bonjour à tous,

Suite à des problèmes informatique (comprenant virus et reformatage) et à un week-end très chargé, nous n’avons pas pus publier notre texte de Samedi.»

Bon, je vais me prendre un joyeux petit café, tiens.

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#10  - Nico a dit :

@Reihar
Ton raisonnement reviens à demander si le verre est à moitié vide ou à moitié plein.
S'il est plus facile d'implanter une fonctionnalité complète et de la brider par la suite (pour respecter les specs commerciales) ou d'implanter une première version light et de recommencer le développement pour mettre en place la fonctionnalité++.

Ca n'a rien d'aberrant de mon point de vu de développer la totale et de désactiver les fonctions en fonction de la licence. Le logiciel ce n'est pas comme couler de l'acier, on ne viens pas dégrader la qualité du produit en y mettant des limitations. Souvent même, il est moins coûteux de faire ainsi.

@Desidia
J'aime beaucoup le libre, mais il faut bien avouer qu'une certaine mentalité anti-tout-ce-qui-ne-l'est-pas (qui y est trop souvent présente) est particulièrement contre productif et surtout, souvent de mauvaise foi. (Comme ici).

D'ailleurs je suis content que tu soit venu voir notre blog, mais (encore de la mauvaise foi ?) vu la date de ton commentaire, et vu que la note dont tu parle ayant été l'avant dernière publiée, étonnant que ça soit "la première chose que tu y ai lu". ;)

(c'est ça de vivre sur des OS plus répandu, ya plus de merdes qui trainent ;), puis histoire de répondre au troll, j'ai moins perdu de temps avec Windows qu'avec Arch qui se cassait la gueule pour un rien :P )

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#11  - mat a dit :

T'as l'air frustré Nico, ça peut arriver mais c'est pas une raison pour aller troller en statuant que la communauté du logiciel libre est "anti-tout-ce-qui-ne-l'est-pas" (pour info, ça revient juste à dire que c'est anti-propriétaire).
Sinon pour ton exemple Windows vs Arch, c'est un peu le jour et la nuit donc c'est pas trop étonnant que tu galères avec Arch (à juste titre probablement, c'est pas le plus trivial à configurer), et que tu perdes moins de temps avec un Windows. Windows est conçu pour aller même avec ceux qui ne savent même pas en quoi consiste le fonctionnement d'un ordinateur, ni la signification de la plupart des termes du domaine. Va demander à une personne lambda n'utilisant que Windows ce qu'elle comprend du partitionnement, du bootloader, ou encore des daemons. Windows a certains avantages à être utilisé (c'est intuitif pour commencer), mais cette mentalité des systèmes fermés et sciemment limités (les fameuses anti-fonctionnalités dont il est question ici) me font penser que la mauvaise foi n'est pas là où tu penses qu'elle se trouve.

Petit complément, si un fabricant d'automobiles vendait une bagnole avec alternateur et une autre sans, disposant d'une batterie non rechargeable (donc qu'il faut racheter à chaque panne) alors que les deux voitures ont le même chassis avec cependant la différence que, pour la voiture avec batterie non-rechargeable, le constructeur à volontairement soudé un bloc de métal pour empêcher l'installation d'un alternateur, t'appellerais ça comment?

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#12  - Nico a dit :

Pas spécialement frustré non, juste un peu échaudé par la manière d'orienter les choses dans certains propos du libre (ou de la culture libriste devrait on dire).

Pour mon "exemple" (qui n'en était pas un d'ailleurs, je répondais juste au ptit troll plus haut qui détournait la discussion via le contenu d'un de mes blogs, qui n'a rien à voir avec mes propos tenu ici d'ailleurs) je connais bien les différences entre une Arch, un Ubuntu et un Windows, et je n'ai pas d'affiliation particulière avec aucun d'entre eux : en tant que programmeur je n'ai que faire de la couleur de mes outils, je sais qu'en général chacun répondra à une problématique mieux qu'un autre. Et je ne pense pas être aucunement de mauvaise foi avec cette vision des choses.

Pour revenir au sujet, et répondre à ta seconde partie, je pense que c'est là tout le problème de la manière de présenter le problème. Tu prends l'exemple de la voiture, qui est un bien matériel, et tout comme avec mon exemple de l'acier, ça n'a rien à voir avec le logiciel.

Plus explicitement, si tu veux faire deux gamme de bagnoles tu va devoir créer deux chaines de production, deux chaines de branding, etc.
Dans le logiciel c'est tout l'inverse. Tu va essayer de centraliser et réutiliser au maximum, voir d'avoir même un seul code source pour répondre à tout les besoins pour des questions de gestion de code et de support, même si c'est vendu sous différentes couleurs et composé en relation avec les gammes défini par les commerciaux.

Pour reprendre le texte initial, que pense un programmeur quand il rentre chez lui et qu'il a ajouté une limitation à son logiciel pour le rendre conforme à son cahier des charges ?
Et bien il pense qu'il a fait du bon boulot et qu'il s'évitera bien des emmerdes dans les tests et la maintenance, car son code source demeure identique et commun aux différentes gammes demandées par les commerciaux, et que tout ses tests unitaires, son architecture et le reste resteront identique.
De plus lors du support, quand il corrigera un bug à un endroit de son code, la correction aura lieu automatiquement dans TOUTES les gammes du produit, vu que le code est le même pour tout les produits.

La vrai question est "est ce que les "fonctionnalités" desdites gammes ne sont pas parfois exagérées ?", si, bien sur. Mais ce n'est pas parce que le code comporte une base commune (on n’achète pas un logiciel au kilo : on l'achète à la fonctionnalité), c'est parce-que certains éditeurs profitent de leur situation de monopole pour vendre des fonctionnalités à un prix délirant (un peu comme eBay qui vous fait payer une fortune juste pour mettre un sous titre à votre offre, ce qui en terme de code ne coute rien).

De là à parler d'anti-fonctionnalité, je trouve que c'est drôlement fort. Le pricing n'a rien à voir avec la technique et le code, c'est du commerce, pas de la technique. Tout comme dans le libre des gens facturent des fortunes pour des prestations qui sont très simple techniquement (et tant mieux pour eux !).

Et non, ça ne coute pas plus cher à l'éditeur, qui souvent bride son logiciel pour atteindre une part de marché qui n'aurai pas pus s'offrir le logiciel complet.
Et là encore, on est dans le commerce, pas la technique.

Alors évitons de parler d'anti-fonctionnalité, s'en est presque ridicule.

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#13  - mat a dit :

Mon exemple de l'automobile est effectivement un exemple de produit assez différent d'un code source de logiciel, mais même sans avoir répondu à ma question, Nico, tu demeures encré sur la gamme, la chaîne de productions, alors que je n'ai parlé que d'une micro-spécification qui ne nécessite pas un changement de chaîne de production, juste une étape où l'on remplace l'alternateur pas un bloc de métal et la batterie d'origine par une batterie non rechargeable. Si, selon toi, il faut changer toute la chaîne de production pour cela et que ce mode de pensée est la norme, je pense que l'industrie va se casser la figure plus vite que prévu.

Tu définis pourtant très bien la dimension commerciale qui à mon sens viens pourrir très souvent la vie du développeur (et non du programmeur, qui lui, code ce qu'on lui demande pour un salaire). Les specs, le cahier des charges, ces choses sont systématiquement mises en place pour répondre à certains besoins comme tu l'as fait remarquer, mais c'est celui qui tient les rênes qui va donner la direction. Ce sont ses besoins souvent et non ceux des utilisateur finaux qui seront visés. Quels sont ses besoins?
Chez les propriétaire comme Microsoft ou Apple (pour ne citer qu'eux), qui font plus dans le business que dans la fonctionnalité, le besoin principal est de faire du profit puisqu'ils ont choisi un modèle d'actionnariat comme environnement pour se développer. A partir du moment où une entreprise fait ce choix (quand la marque est bien encrée dans les esprits), ce sont les clients qui vont servir l'entreprise (et surtout les actionnaires) et non l'inverse. C'est un modèle vicieux dans sa forme actuelle qui fait des ravages partout dans le monde et le fait qu'il se soit retrouvé dans le développement logiciel le fait passer pour un modèle tout à fait acceptable puisque "tous les grands de ce monde l'utilisent"...

Autre chose, tu dis qu'il est drôlement fort de parler d'anti-fonctionnalité en te basant sur un exemple que tu créés et qui vient conforter ton point de vue. Et encore, c'est assez mal construit quand tu dis que "certains éditeurs profitent de leur situation de monopole pour vendre des fonctionnalités à un prix délirant" et que tu prends pour exemple l'ajout d'un sous-titre sur eBay... déjà eBay n'est pas éditeur de logiciel (ou alors le monde a bien changé depuis ma dernière visite) et en plus ce que tu décris est plus à assimiler à une promotion publicitaire, on est très loin de parler du même sujet que celui de l'article (anti-fonctionnalité logicielle entraînant la restriction d'utilisation de code à un utilisateur pour des besoins commerciaux).

"Alors évitons de parler d'anti-fonctionnalité, s'en est presque ridicule." Non seulement, je suppose que l'auteur choisit ses termes consciemment avant de poster, mais en plus ce genre de phrase ne te fait pas honneur dans la discussion après l'exemple précédemment cité.

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#14  - antistress a dit :

Les amis, je me régale à la lecture de vos commentaires, merci à tous et continuez :)

Je jette trois idées :

Le problème est d'autant plus grave qu'il y a banalisation de ce système auprès des populations (d'où l'exemple particulièrement bien choisi du lecteur DVD) qui fait que les gens ne le remettent même plus en cause, et le trouvent normal ! Nos outils devenus « évolués » ne nous obéissent plus, WTF quand même ?!

Et, en effet, le logiciel libre, par nature tourné vers l'utilisateur -- puisque c'est la communauté des utilisateurs qui a structurellement le pouvoir, garanti par la licence du logiciel (pas besoin d'associations de consommateurs dans le monde du logiciel libre ; celles-ci sont indispensables en revanche dans l'autre écosystème) -- ne permet pas ce système d'anti-fonctionnalités nuisible à l'utilisateur (encore une fois, comparer VLC et le logiciel de votre lecteur de DVD).

Pour finir, un peu comme Snowden a permis une prise de conscience en révélant ce que tout le monde pressentait sans l'avoir vraiment intégré, peut-être la révélation de ce genre de preuves permettra à terme une prise de conscience ?
http://www.numerama.com/magazine/29005-avant-sa-mort-steve-jobs-voulait-34enfermer-les-clients-dans-notre-ecosysteme34.html

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#15  - Nico a dit :

@mat
Si on parle de micro-spécifications (et non plus de différences lourdes comme une gamme), dans ce cas, et pour reprendre ton exemple, trouve tu choquant que l'option GPS d'une voiture soit payante ? Trouve tu que l’absence du GPS dans une voiture soit une "anti-fonctionnalité" ?
Tu va peut-être me rétorquer que le GPS, tu peut en avoir un à toi. C'est vrai. Mais qu'en est-il pour une autre option comme le radar de recul ?

Pour répondre explicitement à ton autre exemple, je dirai que bien idiot serai celui qui achèterai cette voiture à batterie soudée. Car oui, le commerce c'est répondre à un marché, et il existe un marché si des gens sont prêt à dépenser de l'argent pour ça. Personne ne t'oblige à acheter quoi que ce soit. A l'acheteur le devoir de considérer les fonctionnalités et les limites de ce qu'il va acheter, et de passer à l'achat, ou pas.
Tu dit que l'entreprise vends des produits uniquement pour répondre à ses besoins et non pas ceux de ses clients ? Je t'assure que si c'était le cas, cette entreprise n'existerai plus depuis longtemps.

La notion "d'anti-fonctionnalité" décrite dans l'article viens de l'analyse du code sans tenir compte des réalités commerciales. C'est pourquoi c'est une grossière erreur.

Concernant l'exemple d'eBay, c'était une manière pour moi de montrer que la prestation technique (cf le code) n'est pas toujours proportionnel au tarif affiché. L'ajout d'une balise dans un code HTML ne vaux pas le prix demandé par eBay. Le déverrouillage d'un code bridé (cf Windows) ne vaux pas le prix demandé par Microsoft. Pourtant, les gens achètent : pourquoi ?
Car ça répond à un besoin, leur besoin (sinon ils n'achèteraient pas) qui correspond à un marché auquel une entreprise a décidé de répondre.

Si elle y répond mal, elle mourra. Si elle y réponds, elle survivra, et fera de l'argent.
Il n'y a rien de mal là dedans.

(Ou alors vous êtes contre le capitalisme, contre entrepreneuriat, contre le fait de faire de l'argent. Et je ne sais vraiment pas comment vous arrivez à manger et vous loger dans notre région du globe.. )

Concernant mon exemple "inventé", il s'agit ni plus ni moins de mon travail et de ma start-up, nous éditons des progiciels propriétaires à destinations des entreprises, progiciels qui leur font économiser beaucoup d'argent, nous bridons notre code source par modules (débridé par la licence, le code déployé chez le client étant toujours le même, pour les raisons de stabilité et de maintenance que j'ai décris plus haut) afin de financer les salaires des gens nécessaires à la réalisation de ces outils.
Nos clients sont ravis (ils font même la promotions de nos outils auprès de leurs fournisseurs), et nous aussi.
On fait des "anti-fonctionnalités" ? Comme le verre à moitié vide ou a moitié plein, c'est une question de point de vu. Tant qu'il contient la quantité d'eau demandé par le client, à qui cela pose t il des problèmes ?

A l'auteur de cet article visiblement. Qui s'en sert pour faire la promotion du libre, qui ne fonctionne pas selon le même modèle (vitrine de CV pour les individus, prestation de service pour les entreprises (Mozilla, Red Hat, ...), etc).
Pour finalement utiliser des termes péjoratifs afin de prêcher pour sa paroisse. Tournez ça dans tout les sens, vous ne me convaincrez pas que c'est intellectuellement honnête.

(Et je suis loin d'être anti-libre d'ailleurs, j'y participe et ma start-up y contribue aussi, mais faut savoir faire la part des choses, et là, franchement, c'est de la diabolisation sans fondements).

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#16  - mat a dit :

Oula, que de sophismes et de déformations de propos, Nico.
Je peux comprendre que tu travailles dans le développement logiciel propriétaire, et je suis conscient qu'il en faille, ne serait-ce que pour les softwares très ciblés comme la conception assistée pour certaines industries qui n'ont pas vocation à tomber dans le domaine libre si l'on prend en compte les besoins très spécifiques de ces dernières (et donc un travail conséquemment plus grand).

Cependant, je ne peux pas répondre à ton commentaire dans son ensemble, il est truffé d'arguments fallacieux (par exemple, tu as mis "inventé" entre guillemets alors que je n'ai pas utilisé ce mot pour ton exemple) et je ne discute pas sur fond de sophismes, sans compter que tu n'as pas saisi la portée de mes exemples en comparant, en l’occurrence, l'utilité d'un alternateur à celle d'un GPS ou d'un radar de recul...

Quant à ne pas savoir que nombre de grandes entreprises ne cherchent plus à répondre à des besoins (comblés depuis longtemps pour beaucoup) mais plutôt à en créer pour engranger plus de profit, je pense que tu devrais revoir ta conception du modèle capitaliste actuel. D’ailleurs, capitalisme n'est qu'un mot relié à un concept dont on peut tirer nombre de modèles qui s'en réclament, mais le capitalisme n'est pas un modèle bien défini en tant que tel (à l'instar du communisme par exemple).

Bref, je veux bien discuter mais si tu considères que tu dois amalgamer, fausser voire détruire les propos des interlocuteurs qui n'adhèrent pas aux tiens, par tous les moyens (incluant donc une rhétorique de bas étage), je ne peux continuer dans cette voie.

Je note quand même que tu reconnais que certaines entreprises ont conscience du marché des "idiots" (et ça n'a pas l'air de te déranger étonnamment). Un exemple pour étayer : les macbook récents dont les batteries sont collées au chassis, la RAM soudée à la carte mère, le SSD propriétaire ou encore les têtes de vis pentalobes (donc adieu au cruciforme) pour le boitier, le tout à un prix ne défiant aucune concurrence (source : iFixit). Faut croire que les clients ont bien un besoin de se faire enfermer par du propriétaire (voire même de se faire entuber vu le prix), et il faut bien répondre à ce besoin, n'est-ce pas? (trololol)

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#17  - Oupsman a dit :

Après avoir écouté le dossier d'antistress sur les anti fonctionnalités, j'ai pensé plusieurs fois (à chaque évocation de Gimp en fait) qu'à défaut d'anti fonctionnalités, les logiciels libres manquent souvent de fonctionnalités très utile, mais proposent des fonctionnalités qui le sont peu.

Gimp étant le bon exemple ... Depuis le temps que je fais de la photo, Gimp promet "ouais ouais, bientôt on supportera le 16 bits par couche, les calques de réglages et tout ce qui est utile à un photographe amateur ou pro)

Ca fait 7 ans. Gimp ne supporte toujours pas ces fonctionnalités essentielles. A coté, il y'a pleins d'autres fonctions qui servent quasiment à rien, mais sur lesquelles les libristes font plein de publicité.

Pour moi, le logiciel propriétaire et le logiciel libre, c'est un peu comme être esclave d'un riche propriétaire et vivre dans son manoir avec tout le confort nécessaire, ou alors vivre libre dans un taudis qui laisse passer l'eau et ou tu chies dans du papier journal.

A un moment, il faudrait que les adeptes du logiciel libre se rendent compte que, si le code source est disponible, les logiciels ne sont pas toujours de meilleure qualité. Je prend pour exemple Libreoffice (et son fork Openoffice), qui est pas mauvais, mais qui est truffé de bugs, en particulier qui a une gestion des fichiers RTF absolument trouée jusqu'à la moelle, et a tendance à corrompre ses propres fichiers. Si si.

Ensuite (hors sujet mais pas trop), les adaptes du logiciel libre sont bizarrement silencieux sur Heartbleed et la faille visible depuis 2 ans par tous puisque le code était disponible pour lecture.

Au final, la plupart des arguments pour le logiciel libre sont caduques, et on retrouve dans le logiciel libre les mêmes défauts que dans le logiciel propriétaire :

- Maintenance difficile
- Détection de failles aléatoire
- Correction de bugs au bon vouloir des développeurs
- Ajout de fonctionnalités délicat, voir impossible. Avec la phrase qui tue quand tu insistes un peu trop : ben le code est là, fais le toi même et fais pas chier connard.

En conclusion, pour moi, hormis dans le domaine du serveur, le logiciel libre est une aberration. Sur un poste de travail, il peut suffire pour envoyer des lettres à tata ginette et faire ses comptes. Mais c'est à peu près tout. On peut toucher à tous les domaines avec des logiciels libres, mais il ne faut pas creuser trop profond car on se retrouve très très vite limité par l'absence de fonctionnalités importantes pour une utilisation poussée.

Bien sûr, il y'a des exceptions : Blender en est une.

NON, GIMP N'EST PAS UNE EXCEPTION : ce logiciel est bien trop limité, obligeant à passer 10 minutes à faire qq chose, alors que la même tâche est effectuée en 3 clics sous Photoshop.

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#18  - Oupsman a dit :

Pour reprendre mon message précédent, je crois que pour avancer dans le bon sens, le logiciel libre a besoin d'une structure et d'y être adossé.

Ce qui est le cas pour Blender (historiquement, ce logiciel était la propriété d'une société. Je me souviens avoir donné 50€ à l'époque pour aider Roosendaal à racheter les droits du logiciel)

Depuis, la fondation Blender a repris le logiciel et poursuis le développement du logiciel, tout en produisant régulièrement des films avec Blender; ce qui oblige à développer des fonctionnalités pour les besoins du film en cours. Ainsi, Big Buck Bunny avait forcé les développeurs à développer un module de gestion de fourrure.

Gimp, à contrario, n'est adossé à rien et développé au petit bonheur la chance, sans réelle volonté d'avancer dans le sens voulu par les utilisateurs (ouais, je sais, mais si Gimp voulait vraiment avancer vers les fonctions voulues par les utilisateurs, on aurait le 16 bits par couche depuis longtemps)

Pour revenir aux anti fonctionnalités, je ne partage pas, loin de là, l'explication sur l'impossibilité d'imprimer des PDF. C'est une fonctionnalité, quelque soit le sens dans lequel on le prend. Ca concourt à la confidentialité des fichiers. Et à l'écologie (oui, je sais, je fais preuve de la même mauvaise foi que les adeptes du LL quand ils disent que Gimp est l'équivalent de Photoshop)

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#19  - antistress a dit :

@ Oupsman : merci pour tes volumineux commentaires, même si seul un paragraphe (le dernier) concerne le thème abordé

"Gimp, à contrario, n'est adossé à rien et développé au petit bonheur la chance, sans réelle volonté d'avancer dans le sens voulu par les utilisateurs (ouais, je sais, mais si Gimp voulait vraiment avancer vers les fonctions voulues par les utilisateurs, on aurait le 16 bits par couche depuis longtemps)"
Tu l'ignores sans doute, le nombre de développeurs travaillant sur le projet est ridiculement réduit. Par ailleurs, tous les développeurs du projet sont bénévoles, travaillant sur leur temps libre. Pour moi les développeurs de GIMP sont des héros, et GIMP lui-même tient du miracle. Ceci pour répondre à ton "si Gimp voulait vraiment avancer vers les fonctions voulues par les utilisateurs, on aurait le 16 bits par couche depuis longtemps". Sur les qualités comparées de Photoshop et GIMP, je suis incapable d'utiliser Photoshop bien trop mal fichu alors que GIMP m'étonne chaque jour par ses capacités : chacun ses habitudes, j'imagine (inversement tu loues Blender, certainement à juste titre, mais que je ne sais pas faire marcher ; je ne m'y suis pas investi cela dit - mais dans GIMP non plus qui ne m'a pas posé de difficultés). Pour ton histoire de traitement en 32 bits, le nouveau moteur graphique sur lequel ils bossent depuis des années a commencé à être implémenté et ils sont en train de brancher les fonctions dessus, cf http://www.gimpusers.com/tutorials/whats-new-in-gimp-2-10. Mince, il va te falloir trouver un nouvel argument, j'en ai bien peur. À ma connaissance, Photoshop n'a pas d'outil de transformation par cage et ça n'est clairement pas un gadget (cf https://linuxfr.org/news/gimp-2-8-est-sorti-une-fenetre-unique#toc_12). La prochaine version va encore plus loin avec l'outil de transformation unifié (cf lien précédent). Au final, alors que GIMP continue de s'améliorer, je ne vois pas Photoshop devenir libre : cherchez l'erreur.

Pour les formats de fichiers des suites bureautiques je ne m'étonne pas que Microsoft supporte aussi mal les formats ouverts de LibreOffice ou Abiword par exemple. Quant à RTF il est abandonné par Microsoft lui-même, je pense qu'il faut être maso pour l'utiliser aujourd'hui mais c'est toi qui vois ce qui te parait opportun.

Tu n'es pas sans savoir que OpenSSL se retrouve dans quasiment toutes les offres propriétaires et donc que la faille affecte tout l'écosystème logiciel, libre ou privateur : je ne vois pas ici de désavantage induit par le fait que OpenSSL soit libre. Au contraire, s'il n'avait pas été libre, la faille n'aurait pas été vue (mieux vaut tard que jamais, dit le proverbe) : combien de failles similaires existent actuellement dans les logiciels privateurs sans être corrigées ? http://www.zdnet.fr/actualites/faille-heartbleed-une-chance-qu-openssl-soit-un-logiciel-libre-39799835.htm
D'ailleurs tu peux constater par toi même le peu d'intérêt des entreprises pour la sécurité de leurs solutions http://sebsauvage.net/links/?CjQyCg

Le logiciel libre n'est pas la garantie d'un logiciel de qualité (je ne l'ai jamais dit : au contraire, j'ai eu l'occasion de citer Captain Posix qui disait : "ce n'est pas parce que tes tomates sont bio que ta soupe est bonne"). Le fait est qu'un logiciel open source massivement collaboratif comme Linux écrase toute concurrence car aucune entreprise ne peut investir seule les sommes nécessaires pour le concurrencer. Mais je n'en fais pas une généralité. En revanche je sais qu'un logiciel libre sera toujours, par nature, plus respectueux de ma liberté et que, si jamais il manque de fonctionnalités présentes actuellement dans un logiciel privateur équivalent, il les aura avec le temps et l'énergie de la communauté, alors que le logiciel privateur le restera. Mon choix est donc fait, sans hésiter.

Pour ton dernier paragraphe qui concerne le sujet du billet, le verrouillage du PDF est une fonctionnalité du logiciel de création du PDF, mais une anti-fonctionnalité du logiciel de lecture installé sur tous les PCs. Ta vision de l'écologie m'interpelle : pour moi elle passe par l'éducation et la responsabilisation, pas par l'interdiction de toutes pratiques anti-écolo. À ce rythme, j'imagine que tu ne verrais pas d'inconvénient à ce qu'on t'alloue une certaine quantité d'eau par jour et pas une goutte de plus, qu'on te retire ta voiture et tes gadgets électriques, qu'on rase les maisons individuelles au profit d'appartements que l'on sait bien plus économes en énergie, etc. ?
Reprends la définition d'une anti-fonctionnalité : une fonctionnalité développée pour faire quelque chose que l'utilisateur ne veut pas. J'ai un PDF que j'ai le droit de lire et je veux l'imprimer : le logiciel me répond « interdit ». Voilà.

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#20  - Oupsman a dit :

J'ai parlé exprès d'écologie pour éviter de parler d'autre chose, dans le cas de l'interdiction d'imprimer des PDF : la confidentialité.

Par ailleurs, tu sembles persuadé d'avoir raison sur ce point, mais non, et tu le dis toi même : ceci n'est pas une anti fonctionnalité, sauf si tu prends le logiciel Acrobat Reader comme un produit fini ne faisant pas parti d'une suite cohérente de produits.

Or, ça va peut être te choquer, mais ce n'est pas le cas : Acrobat Reader est fourni gratuitement par Adobe, et suit les évolutions de la suite Acrobat.

Et cette suite inclut quelques options permettant de renforcer la sécurité des documents PDF produits, en particulier l'interdiction de les imprimer, afin d'éviter de gaspiller du papier (bon OK, là c'est de la mauvaise foi) ou afin d'éviter de multiplier les moyens de faire fuiter le document, en particulier au format papier.

Dans n'importe quelle entreprise ayant des considérations normales de sécurité, les ports USB sont désactivés, il est donc impossible d'emporter des clés USB.

Le seul moyen de faire fuiter un document PDF un peu gros est donc coupé. Et un des autres moyens est donc d'empêcher son impression.

De ce fait, j'ai du mal à voir cela comme une anti fonctionnalité.

Concernant GIMP, relis le passage ou je parle d'absence de fonctionnalités plutot que de présence d'antifonctionnalités : je ne sais pas ce qui est pire : avoir des fonctions manquantes (et d'autres anecdotiques, comme l'outil "magique" de déformation dont tu parles, qui ne sert ... jamais ?) ou avoir des fonctions révolutionnaires (réellement hein, cf ce que j'écris sur l'outil de déformation qui sert une fois tous les 36 du mois et qui repose sur un moteur 8 bits par couche qui manque de précision dans le travail)

Il n'y a _AUCUNE_ chance que Gimp rattrape un jour Photoshop, pour la simple et bonne raison qu'Adobe prend en compte les retours des utilisateurs et inclut des fonctions qui leur sont VRAIMENT utiles, au contraire de l'équipe de Gimp qui préfère développer des trucs pour se faire plaisir, au lieu de mettre leur puissance de développement sur l'amélioration du moteur interne du logiciel.

Comme tu le dis (et tu aimes tendre le bâton pour te faire battre), ils bossent dessus depuis des années et avoir un moteur solide leur permettrait d'être un concurrent de poids pour écraser photoshop. Pourtant, ils développent des outils gadgets, qui servent à 10% de leurs utilisateurs, alors qu'un moteur de calcul plus précis serait utile à 100% de leurs utilisateurs ... Décidément, j'ai du mal à comprendre la logique derrière cela.

J'ai utilisé Gimp pendant des années. Quand on ne fait que regarder des captures d'écran de Photoshop, ouais ce logiciel semble équivalent. Puis on installe la version de démo et on compare ... Et là, on se dit "ah putain, dommage qu'il soit aussi cher". Différentes offres permettent de diminuer le coût de photoshop, donc j'ai sauté sur l'une d'entre elles. Et maintenant, je travaille mes photos 2 ou 3 fois plus rapidement.

Au fait : dans Photoshop CC, il y'a des outils de déformations qui ressemblent furieusement à celui qui te rend si fier. Et si ma mémoire est bonne, ces outils existent depuis CS5 extended.

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#21  - antistress a dit :

@Oupsman : Je pense que tu te trompes de point de vue quand tu écris : "sauf si tu prends le logiciel Acrobat Reader comme un produit fini ne faisant pas parti d'une suite cohérente de produits" car c'est bien la situation de l'utilisateur final à qui est adressé le PDF.
Tu adoptes le point de vue de celui qui créé le PDF et demande la fonctionnalité de pouvoir verrouiller le PDF d'une manière ou d'une autre. C'est le point de vue de celui qui édite un DVD et qui tient à ce que l'utilisateur ne puisse pas passer la pub.
L'utilisateur final du PDF ou du DVD, qui installe un logiciel de lecture de PDF ou achète un lecteur de DVD, subit une restriction dont il ne veut pas, et c'est la définition de l'anti-fonctionnalité. Et, rassures-toi, un logiciel libre de lecture de DVD ou de PDF sait respectivement passer la pub et imprimer, conformément à l'objet naturel du logiciel libre qui est de servir l'utilisateur ;)
Maintenant tu peux essayer de me démontrer que ma définition est mauvaise, mais tu ne peux pas nier que l'impossibilité de pouvoir imprimer un PDF ou de sauter les pubs d'un DVD correspond à la définition de l'anti-fonctionnalité (qui figure en gras dans mon billet, qui tient en 24 mots et est parfaitement claire et univoque), sauf à prétendre qu'un rond est carré. Des fois j'ai l'impression de parler avec LTP ¬_¬

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#22  - Oupsman a dit :

Huum, ouais, d'un point de vu de l'utilisateur. Sauf que des fois, il veut des trucs qui sont interdits et pour lesquels l'interdit est justifiable pour des raisons de sécurité.

Note que je ne critique pas le fait que le lecteur de DVD ne puisse pas sauter les pubs, et je confirme que mon bluray actuel ne le peut pas non plus.

SI j'élargis un peu ta définition de l'anti fonctionnalité, les limitations de vitesses sont une anti fonctionnalité d'un point de vu du conducteur : ta voiture a la capacité de rouler à 210 km/h, mais cela t'es interdit par la loi.

En clair, ce point précis (l'impossibilité d'imprimer les PDF si celui qui l'a généré ne le veut pas) de ton argumentaire ne tient pas la route, simplement parce que tu ne veux pas prendre en compte la totalité de l'écosystème.

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#23  - antistress a dit :

@Oupsman : As-tu remarqué que, peu après la Révolution française, une Déclaration des droits de l'homme et du citoyen a été proclamée selon laquelle les limitations à notre liberté ne peuvent résulter que de la loi (art. 4) et que celle-ci est l’expression de la volonté générale (art. 6), le tout conformément à la philosophie des Lumières, et que notre Constitution actuelle s'appuie dessus ? Par conséquent assimiler une contrainte légale à celle qui est imposée aux populations par quelques personnes qui n'ont aucune légitimité pour le faire est tout à fait farfelu.

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#24  - Oupsman a dit :

Ce que tu ne sembles pas vouloir comprendre, c'est que cette "anti fonctionnalité" sur Acrobat Reader n'est en pas une si on considère la chose d'un point de vue sécurité. Parce que, comme la limitation de vitesse, dont le but est 'avoir un semblant de sécurité sur les routes, cette limitation du lecteur Acrobat Reader est là pour empêcher certaines fuites d'informations. Tu peux retourner le problème dans tous les sens, ça ne changera rien aux faits, qui sont là.

Moi, ma philosophie c'est : un logiciel, un ordinateur, c'est un outil. Il ne convient pas à mon utilisation, je le change. Tant qu'une "anti fonctionnalité" ne me gène pas, il n'y a pas de raisons que je change d'outil.

Parce que oui, j'ai un iPhone et j'ai eu un android avant. Oui, j'ai rooté mon Android. Oui, je suis revenu en arrière. Non je n'installe pas n'importe quoi sur mon téléphone parce que je veux avoir un outil fiable et stable. Rooter son téléphone (ou le jailbreaker dans le cas de l'iPhone) n'améliore pas la stabilité, loin de là. J'ai utilisé un android pendant 3 ans, avec plus ou moins de bonheur tant qu'il était rooté. J'ai un iPhone, qui ne me fait pas chier du tout et reste dans ma poche.

Si j'avais le droit d'installer n'importe quel logiciel, qui sait ce qui se passerait sur le téléphone, au niveau fuites de données, envoi de SMS surfacturés et j'en passe ?

Donc oui, ces fonctions sont là pour PROTEGER l'utilisateur, et comme toute fonction de sécurité, elles ont un coût, qui est celui d'être parfois bridé dans les logiciels instalables. Mais est-ce si pénible ? Clairement, pour moi, non. Ce système n'est pas parfait, loin de là, et parfois des logiciels passent au travers des mailles du filet. On entend beaucoup parler des rejets illegitimes, mais bizarrement, on entend absolument pas parler des rejets parfaitement légitimes, sur lesquels Google comme Apple ne communiquent pas.

Invoquer la déclaration des droits de l'homme, c'est un peu extrème non ? Cette "privation" de liberté due à ces "anti fonctionnalités" n'a rien d'important et ne porte pas atteinte à ma vie.

Pour moi, les adeptes du libre se trompent de combats, et présentent la plupart du temps des arguments biaisés, pour ne pas dire fallacieux. On peut reparler un peu de la faille Heartbleed et la comparer à la faille Goto Fail? 2 ans d'un coté, 1 an de l'autre ? En quoi est-ce un avantage d'avoir le code source sous les yeux, si c'est pour mettre 2 ans à se rendre compte d'une faille, alors qu'un autre logiciel dit fermé découvre et bouche sa faille en 1 an (en fait, le code de la bibliothèque en question est ouvert aussi). On peut ensuite parler des nombreuses vulnérabilités qui sont découvertes et bouchées par Microsoft dans le code de ses différents logiciels. En parfois beaucoup moins de temps que dans le cas du logiciel libre.

Donc oui, l'argument "libre = sécurisé" est ... creux. Les dernières failles découvertes le prouve.

Oui je suis énervé, mais je suis ingé système Unix (et je précise Unix, je ne maitrise pas QUE Linux et surtout des Unix propriétaires en fait) et j'en ai ma claque des stagiaires fraichement sortis de l'école qui me rabachent leurs arguments à 2 balles à longueur de journée, en essayant de pointer le doigt que j'ai dans l'oeil, sans voir la poutre qu'ils ont dans le leur.

Ca m'agaçe de lire que Gimp = Photoshop alors que Gimp n'arrive même pas à la cheville de Photoshop 7 (et je parle bien de photoshop 7 qui a plus de 10 ans) en terme de fonctionnalités.

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#25  - mat a dit :

@antistress : Tu ne perds pas un peu de motivation à certains moments? Je veux dire, tu parles quand même de problèmes côté logiciel propriétaire (comme les nombreux windows ou les systèmes des lecteurs DVD) dans ton article, et tu te retrouves à devoir te coltiner un anti-Gimp qui s'énerve tout seul.
Parfois les réactions de certaines personnes font peur quand même...

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#26  - antistress a dit :

@Oupsman : tu es un peu gonflé, j'invoque la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen car TU prétends qu'une loi est une anti-fonctionnalité, je me dois donc de te rappeler ce qu'est une loi, et il se trouve que ses principes sont posés dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, c'est comme ça que ça te plaise ou non.

Ta définition de la sécurité me parait relever de la novlangue (un peu comme d'autres parlent de vidéo-protection). Acrobat Reader n'a jamais assuré ma sécurité ni celle de mon système, d'ailleurs c'est un nid à failles de sécurité (j'emploie le mot sécurité dans son sens couramment admis, pour le coup) comme le greffon Flash de la même société, d'ailleurs. Tu devrais te rafraîchir la mémoire, allez hop une petite recherche https://www.google.fr/search?output=search&sclient=psy-ab&q=faille+adobe+reader

Là où je ne peux regretter le lavage de cerveaux entrepris par des sociétés comme Apple c'est quand tu en arrives à écrire "Si j'avais le droit d'installer n'importe quel logiciel, qui sait ce qui se passerait sur le téléphone, au niveau fuites de données, envoi de SMS surfacturés et j'en passe ?". En fait tu ne souhaites pas être considéré comme un adulte responsable, tu préfères être considéré comme un enfant et que d'autres prennent les décisions qui sont bonnes pour toi à ta place. Conçois, au moins, que d'autres aient de plus grandes ambitions.

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#27  - antistress a dit :

@Oupsman : Je m'aperçois que je n'ai pas répondu, dans ton dernier message, à ton propos sur les failles Heartbleed vs Goto Fail.
Je t'avoue ne pas être au courant de la "Goto Fail" et je ne comprends pas ta démonstration puisque tu sembles dire que dans les deux cas le code est public.

Je vais te donner mon point de vue : il est très difficile de savoir quel logiciel est le plus sécurisé entre plusieurs logiciels, libres ou non. Ainsi certains sites classent les logiciels d'une même catégorie en fonction du nombre de failles révélées et corrigées. Du coup celui qui joue la transparence, signale une faille de son produit et la corrige peut se trouver pénalisé avec un tel classement : c'est absurde.

Ce qui est certain quand tu prends un projet comme Debian dont l'organisation est structurée sur la transparence, c'est que le nombre de failles rendues publiques = le nombre de failles connues des développeurs. En effet, tous les problèmes de sécurité détectés sont discutés publiquement : les problèmes de sécurité sont abordés ouvertement sur la liste de discussions debian-security. Les bulletins de sécurité Debian (DSA – Debian Security Advisories) sont envoyés sur des listes de discussions publiques (internes et externes) et publiés sur des serveurs publics. Tel que déclaré dans le Contrat social Debian :

« Nous ne dissimulerons pas les problèmes.

Nous conserverons l’intégralité de notre base de données de rapports de bogue accessible au public en tout temps. Les rapports que les utilisateurs remplissent en ligne seront rapidement visibles par les autres.

Debian suit les problèmes de sécurité de très près. L’équipe en charge de la sécurité consulte les sources relatives à la sécurité, la plus importante étant Bugtraq, à la recherche de paquets possédant des problèmes de sécurité et qui pourraient être inclus dans Debian.

Les mises à jour liées à la sécurité sont la première priorité. Lorsqu’un problème survient dans un paquet Debian, la mise à jour est réalisée aussi vite que possible et elle est intégrée dans nos versions stable, testing et unstable pour toutes les architectures.

Les informations concernant la sécurité sont centralisées en un point unique, http://security.debian.org/. »

Une fois cela précisé, on ne sait toujours pas comment évaluer la sécurité relative de chaque logiciel puisque tous ne jouent pas avec les mêmes règles de transparence.

Tu as des études qui sont faites sur la qualité du code qui montrent que les logiciels libres ou privateurs ont globalement une qualité équivalente. Ça pourrait être une première réponse, après il faut voir quels logiciels sont comparés, l'échantillon n'est pas forcément représentatif des logiciels que toi ou moi utilisons.

En faisant une recherche sur le Web, je tombe sur un mémoire de Laurent RICHARD soutenu en 2002 (c'est déjà plus tout jeune).
En page 54 du mémoire (soit la page 62 du fichier PDF), il est question de la sécurité comparée des solutions libres et propriétaires.
On y apprend que les compagnies d'assurance appliquent un malus lorsque l'entreprise utilise Windows au lieu d'Unix ou de GNU/Linux pour Internet. Pourtant je n'ai pas le souvenir que le code de Windows soit libre ni même public... La suite enfonce le clou : « La plupart des sites Web attaqués sont hébergés par des machines Windows. De plus, les sites Windows sont attaqués d'une façon disproportionnée par rapport à leur part de marché » : les systèmes sous Windows ont été presque trois fois plus fréquemment attaqués que les systèmes sous GNU/Linux, alors que les sites sous Windows sont minoritaires !
Un autre point de comparaison intéressant est la vitesse de correction des failles, puisque tu soulèves cette question toi-même. Si l'on compare Red Hat (Linux) et Microsoft (Windows), Microsoft met en moyenne 43% plus de temps que Red Hat pour corriger une faille révélée.
Quand tu parles d'éditeurs de logiciels propriétaires qui se précipitent pour répondre aux besoins de leurs clients, permets-moi de te rappeler la trésorerie fantastique de Microsoft (80,7 milliards de dollars de trésorerie aux dernières nouvelles : http://www.latribune.fr/entreprises-finance/20140123trib000811425/2.800-milliards-de-dollars-c-est-la-pile-de-cash-dans-les-caisses-des-grands-groupes-mondiaux.html) que ce dernier n'utilise visiblement pas pour sécuriser les produits qu'il vend à ses clients...
Source : http://www.linux-eco.org/IMG/pdf/Memoire_LaurentRichard.pdf
Merci de m'avoir permis de creuser la question.

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#28  - Oupsman a dit :

Intéressante étude, mais elle date de 2002, elle a 12 ans. Une étude à jour serait intéressante car la sécurité des serveurs Windows a bien évolué depuis, et dans le bon sens ...

@Mat : comme je l'ai expliqué, attaquer le logiciel propriétaire sur ses anti fonctionnalités (dont certaines n'en sont pas ... mais j'ai pas envie de remettre de l'huile sur le feu) c'est bien, mais faudrait juste voir avant à enlever la poutre qu'on a dans l'oeil au sujet des fonctionnalités des logiciels libres.

Je n'ai rien contre Gimp, j'ai par contre beaucoup contre les adorateurs de ce logiciel, et ceux qui le mettent systématiquement en avant comme étendard du logiciel libre. Et qui osent le comparer à Photoshop. Si on prend les mêmes arguments qu'eux, Paint est un équivalent viable à Photoshop puisque ce logiciel "suffit pour les tâches que je faisais avant avec Photoshop".

Des fois, faut juste reposer les pieds sur terre.

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#29  - mat a dit :

Mmmh... Apparemment j'aurais une poutre dans l’œil (à moins que ça soit aussi pour antistress) et tu es là pour nous éclairer si je comprends bien (j'imagine déjà la réponse).
Mon tout petit message (à l'apparence un brin provocante) te qualifiant, oupsman, d'anti-Gimp prend en considération tous tes commentaires lorsque tu évoques Gimp et ça commence, accroche-toi bien, à ton premier commentaire, dans le premier paragraphe, à la première phrase.
Voici un petit florilège, volontairement réduit pour ne pas trop surcharger, de ton discours qui devrait prouver, selon tes dires, que tu n'as "rien contre Gimp" mais plutôt contre "les adorateurs de ce logiciel":

- "les logiciels libres manquent souvent de fonctionnalités très utile, mais proposent des fonctionnalités qui le sont peu [...]
Gimp étant le bon exemple [...] Gimp promet "ouais ouais, bientôt on supportera [...]"

- "Ca fait 7 ans. Gimp ne supporte toujours pas ces fonctionnalités essentielles [...]"

- "NON, GIMP N'EST PAS UNE EXCEPTION : ce logiciel est bien trop limité [...]"

- (après avoir évoqué Blender) "Gimp, à contrario, n'est adossé à rien et développé au petit bonheur la chance, sans réelle volonté d'avancer dans le sens voulu par les utilisateurs [...]"

- "Concernant GIMP [...] : je ne sais pas ce qui est pire : avoir des fonctions manquantes [...] ou avoir des fonctions révolutionnaires [...] cf ce que j'écris sur l'outil de déformation qui sert une fois tous les 36 du mois [...]"

- "Il n'y a _AUCUNE_ chance que Gimp rattrape un jour Photoshop [...] l'équipe de Gimp qui préfère développer des trucs pour se faire plaisir, au lieu de mettre leur puissance de développement sur [...] ils développent des outils gadgets [...]"

!Attention, propos légèrement incohérent!
- "J'ai utilisé Gimp pendant des années" --> si c'est vraiment le cas, en considérant tes propos précédents, c'est vraiment que tu aimes t'entraver (10 minutes pour une action qui use trois clics dans PS, selon ton expérience).

Bon, jusque là je n'ai toujours pas trouvé l'endroit où tu critiques les "adorateurs de ce logiciel"...
Il y a bien un petit clash quand tu parles des "adeptes du libre" (ce qui est assez différent d'adorateurs de Gimp, tu en conviendras), et qui, toujours selon toi, "présentent la plupart du temps des arguments biaisés, pour ne pas dire fallacieux", pour ensuite enchaîner sur OpenSSL et Heartbleed, on est déjà bien loin de Gimp.

En enfin tu termines (toute fin quand même) par :

- "Ca m'agaçe de lire que Gimp = Photoshop alors que Gimp n'arrive même pas à la cheville de Photoshop 7".

Ah voilà, dernière phrase...
Bah tu sais, ça agace un peu tout le monde, ces adorateurs de tout bord (que ce soit sur le libre ou le propriétaire) et qui ne justifient pas (suffisamment) leurs propos, mais le fait de te réfugier derrière cet agacement (que je partage) pour dire que tu n'as rien contre Gimp, c'est un peu hypocrite si l'on recense tout ce que tu as écris jusqu'à présent.
Perso, cela ne me gêne pas que tu sois anti-Gimp, tu ne devrais pas craindre d'afficher une opinion partisane si tu peux la soutenir par des arguments convaincants et éclairés. Encore faut-il que ça soit le cas...

Aussi, si tu commentes dans l'espoir de recevoir une réponse du genre : "tu as raison, j'ai une poutre dans l’œil, merci de m'avoir fait remarquer que mon point de vue vaut des clous", bah qu'est-ce que tu veux que je te dise...
Bref, je ne sais pas si j'ai une poutre dans l’œil, en revanche, toi tu as l'air d'avoir la foi du charbonnier.

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#30  - antistress a dit :

@Oupsman : je reviens sur ce que tu disais au sujet de GIMP : que ses défenseurs mettaient en avant des fonctionnalités largement inutiles. Je pense, sans volonté polémique car cela concerne chaque utilisateur, qu'il y a un biais lié au logiciel que l'on utilise qui serait dépourvu de telle fonctionnalité qui risque par conséquent de nous paraître superflue car on a appris à faire sans, alors que l'on ne saurait se passer de telle autre à laquelle on est habitué quand bien même d'autres s'en passent très bien. Ce point est intéressant car il dépasse GIMP ou Photoshop et concerne tout logiciel. Il est possible (mais pas automatique) que les fonctionnalités que tu juges peu utiles chez GIMP te paraissent ainsi car elle n'ont pas eu l'occasion de te convaincre puisque tu as appris à faire sans et que donc tu ne sais pas à quel point elles pourraient te manquer. Juste une théorie qui m'est venue comme ça.

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#31  - antistress a dit :

Je corrige mon commentaire ci-dessus (#27) où j'écrivais : "Tu as des études qui sont faites sur la qualité du code qui montrent que les logiciels libres ou privateurs ont globalement une qualité équivalente."
Et bien ça, c'était avant. Aujourd'hui les logiciels libres ont 19% de défauts en moins par 1000 lignes de code par rapport aux logiciels propriétaires.
Cf le rapport 2013 de Coverity http://www.ciol.com/ciol/features/213112/coverity-scan-report-source-software-quality-outpaces-proprietary-code
Ça, c'est fait.

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#32  - Oupsman a dit :

@MAT :

!Attention, propos légèrement incohérent!
- "J'ai utilisé Gimp pendant des années" --> si c'est vraiment le cas, en considérant tes propos précédents, c'est vraiment que tu aimes t'entraver (10 minutes pour une action qui use trois clics dans PS, selon ton expérience).

Réfléchis 2 minutes, tu ne verras plus des propos incohérents, mais la justification que tu cherchais ...

<3615 MAVIEDONTTOUTLEMONDESEFOUT>
Je n'aime pas juger sans savoir. J'ai utilisé GIMP pendant des années, parce que le prix d'une licence Photoshop ou Lightroom étant bien au dessus de mes moyens, je préférais perdre mon temps sur un truc gratuit.

Par ailleurs, vu le matériel photo que j'utilisais à l'époque, et mon niveau aussi, faut bien le dire, GIMP était suffisant malgré son manque de précision.

Et puis j'ai gagné mieux ma vie, j'ai changé de matériel photo et j'ai eu les moyens d'acheter une licence Lightroom, puis Photoshop. Et depuis, j'ai gagné du temps dans mon workflow photo.

Un de mes potes utilise toujours GIMP pour ses travaux photo, mais j'ai vu son workflow, il passe beaucoup plus de temps que moi par photo. Et perso, je préfère être en shoot que derrière l'ordinateur pour travailler mes photos ... Donc je préfère utiliser Lightroom ...
</3615 MAVIEDONTTOUTLEMONDESEFOUT>

Pour répondre à ta dernière question, je n'attend pas que vous changiez d'avis et installiez tous Photoshop au lieu de Gimp, mais plutôt que vous arrêtiez votre prosélytisme injustifié au sujet d'un logiciel plus que largement perfectible.

Concernant ma foi du charbonnier, une de mes devises est "y'a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis" Même si je trouve GIMP largement perfectible et peu précis pour des travaux photographiques, je m'en sers au boulot car je n'ai besoin que d'un outil pour faire du recadrage de captures d'écran, ou ajouter des flèches ou autre choses dessus. Pour cela, GIMP me suffit. Je suis donc de très près le développement et je le met à jour régulièrement (bon OK, j'avoue que je suis resté à la version Windows, n'ayant plus de Linux workstation à la maison)

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#33  - LTP a dit :

"Des fois j'ai l'impression de parler avec LTP ¬_¬"

Tu sais ce qu'il te dit le cassis ?? ;-)

Le verrouillage des fichiers PDF c'est une fonctionnalité et elle est nécessaire dans le monde de l'entreprise. La sécurité de l'information participe aussi de la liberté. Par ailleurs, je n'accepterai pas de transmettre certains contenus sans être certain qu'ils ne peuvent pas être altérés par des ayatollah du libre par exemple ;-)

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#34  - Captain Posix a dit :

Antistress, je crois que LTP t'as grillé sur ce coup là...

Ca trolle pas mal dans le billet...

Moi je voudrais juste dire que le débat Gimp et Photoshop ça me saoule complètement.

Pour moi, on ne peut pas commencer à dire que le libre c'est nul car "regarde, Gimp c'est moins bien que photoshop..."

Le libre, c'est pas une méthodologie de travail, c'est pas une norme technique d'implémentation de logicile, c'est pas une manière d'aborder un projet, c'est pas non plus un label de qualité... Le libre c'est une philosophie.

Si on mélange les discussions on ne s'en sort pas. Si on veut comparer les logiciels libres et propriétaires faut pas se limiter à Gimp, faut parler d'apache, de Drupal, du langage PHP, de Python, de MySQL, de Firefox, de VLC ...faut regarder qui sont les meilleurs supercalculateurs, faut regarder les OS des serveurs web, faut regarder Android...

Donc voilà, on trouvera toujours des trucs mieux et moins bien dans les deux camps... Et pour finir, je vais citer Antistress qui m'a cité quand j'ai cité Yeti : C'est pas parce que tes tomates sont bios que ta soupe est bonne...

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#35  - mat a dit :

Thank you Captain Posix ;) !
Comprendre que le libre n'est pas un camp opposé au "propriétaire" (en gros, les rouges contre les bleus) serait un grand pas pour beaucoup de monde.
Mais quand certains se mettent à parler de "prosélytisme injustifié" ou de "prêcher pour sa paroisse", j'ai tendance à lâcher prise pour me consacrer à des discussion plus pertinentes. (sans rancunes à ceux qui sont concernés)
Oui, il y aura toujours des cons pour s'afficher en adorateurs (un peu) débiles, quelque soit le domaine, et non, ça n'est pas une bonne base d'exemple pour critiquer le domaine en question.

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#36  - otyugh a dit :

N'empêche. Ce qu'il faut défendre du côté du libre, c'est qu'il est possible de vivre aujourd'hui en 100% libre sans faire de réels sacrifices si on est pas dans un monde professionnel très pointu.

D'un côté j'ai déjà vendu mon âme au diable, j'ai déjà acheté un ordinateur fabriqué par des esclaves, profité de prix ridicules pour du matériel qui rivalise sans doute avec des supercalculateurs de nations avant.

Bon.
Mais je suis une radasse, et je pense que j'ai déjà donné assez d'argent aux mauvaises personnes. Donc j'exacerbe mon côté radasse, et je refuse de payer microsoft, blizzard, apple, arena, et autres.
Nope. En libre, il y a de quoi vivre sans se forcer : des jeux de bonne qualité quand on les trouves (des RTS comme Balanced Annihilation sont d'une réelle subtilité, plus qu'un starcraft2) ; des navigateurs, des traitement de texte, des soft de n'importe quoi...

Je ne donnerai d'ailleurs jamais d'argent à la majorité des gros projets ; je trouve que vlc/libreoffice/thunderbird/firefox/chromium ne sont pas terrible... x)
Toute la partie émergée habituelle de l'iceberg du libre est franchement quelque chose que je n'utiliserai pas moi-même. ^^'
Heureusement il y a plein d'alternatives :)

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