L'affaire des DRM et de Mozilla : quelles responsabilités ?

Panneau de signalisation routière : danger aveugles

Ah, « l'affaire Mozilla et les DRM » : j'en ai même fait un poème ! (bon, LTP m'a dit, l'air navré pour moi, qu'il espérait que ça ne m'avait pas pris trop de temps, mais, heureusement, iGor m'a envoyé un petit message d'encouragement :)

À l'instar de Cyrille Borne qui tente, dans son dernier billet, de comprendre où ça a merdé plutôt que de jeter des pierres à l'aveuglette, je vais tenter une analyse de la situation, d'établir les responsabilités et de proposer des pistes d'action.

* * *

Un peu comme Marcel Gauchet posait la question, dans « La Démocratie contre elle-même », de savoir si la démocratie pourra survivre à son triomphe [1], il faut se demander si Mozilla peut survivre à son succès.

Le problème que Mozilla a réglé

Comme je l'évoquais dans un précédent billet, la guerre des navigateurs a connu différentes batailles :

Avant Mozilla Firefox

La première bataille laisse Microsoft sans véritable concurrent : il aura suffit à Microsoft d'intégrer Internet Explorer à Windows pour étendre mécaniquement le monopole qu'il détenait déjà sur le marché des systèmes d'exploitation au marché des navigateurs Web.

Les méthodes commerciales déloyales et abusives de Microsoft ont permis d'étouffer toute concurrence commerciale de deux façons : assis sur un formidable trésor de guerre, Microsoft pouvait se permettre de vendre son produit à perte (en fournissant gratuitement son navigateur) ; bénéficiant d'une situation de quasi-monopole sur les systèmes d'exploitation, Microsoft pouvait imposer en bundle son produit à une clientèle captive (en incorporant son navigateur au système d'exploitation).

Ayant étouffé toute concurrence (bye bye Netscape), Microsoft décida alors simplement de dissoudre l'équipe de développement d'Internet Explorer à peine la version 6 sortie.

Comme résultat, Internet Explorer, mais surtout le Web, ne connut plus aucune évolution pendant cinq ans.

Arrive Mozilla Firefox

Débarque alors un petit nouveau : Firefox, développé par une association à but non lucratif : Mozilla.

Les parts de marché grappillées par Firefox obligèrent Microsoft à reprendre le développement d'Internet Explorer. Surtout, la réintroduction d'une diversité significative de navigateurs obligea les développeurs Web à arrêter de développer exclusivement pour Internet Explorer 6 et à prendre en compte les standards du Web tels que définis par le W3C et sur lesquels s'appuyait Firefox.

Ce changement de paradigme côté développeurs, réalisé sous la pression exercée par le succès inattendu de Firefox, permit de conforter certains acteurs (tels Apple Safari et Opera qui luttaient jusque là pour afficher tant bien que mal des pages conçues pour Internet Explorer 6) et d'en faire émerger d'autres (Google Chrome fin 2008).

Ce fut la deuxième bataille (remportée par Mozilla Firefox au bénéfice des standards du Web et de l’interopérabilité) et, contrairement à la première (remportée par Microsoft à son bénéfice exclusif), le Web sortit grandi de celle-ci : un consensus se forma entre les acteurs pour développer des standards communs tandis que la concurrence profitait à l’utilisateur.

Plus tard, en 2010, l'Union européenne imposa à Microsoft de modifier les versions de Windows commercialisées en Europe afin d'offrir à l'utilisateur le choix du navigateur au démarrage.

Le problème qui se pose dorénavant

Mozilla a volontairement ouvert le jeu, permettant à une diversité de navigateurs de co-exister. Cette situation aurait pu conduire à une concurrence vertueuse, profitant à l'utilisateur dont le poids relatif se serait trouvé renforcé.

Malheureusement c'était sans compter, à nouveau, sur les pratiques abusives et déloyales de certains acteurs dont la puissance économique pervertit le jeu de la concurrence.

C'est dorénavant Google qui utilise son trésor de guerre et impose en bundle son produit à une clientèle captive !

Comme le note très bien Cyrille dans son dernier billet, Google Chrome s'installe automatiquement lorsque l'utilisateur installe Google Earth.

Pour être complet, il faudrait aussi évoquer la publicité faite pour Google Chrome sur le moteur de recherche de Google, et sans doute un peu partout sur la Toile puisque Google est la régie publicitaire principale du Web (pratique !).

Même en dehors de son propre réseau de produits et services déjà tentaculaire, la rente financière que procure à Google sa situation dominante sur le marché de la publicité en ligne lui permet de financer allégrement aussi bien des bundles logiciels auprès d'éditeurs tiers (installez l'antivirus gratuit Avast pour constater le même phénomène qu'avec Google Earth...) et de fabricants de PC (je me demande d'ailleurs s'il existe quelque part une liste des bundles logiciels ou matériels incluant Google Chrome ? Ça serait diablement intéressant à lire !) que des campagnes de publicité à grande échelle en dehors du Web, notamment par voie d'affichage et télévisuelle.

Bref, Mozilla a ouvert le jeu... à un nouveau prédateur surdimensionné. Pire : à la différence de Microsoft qui ne voulait pas entendre parler du Web et a pu laisser péricliter un Internet Explorer en position dominante, le terrain de jeu de Google est le Web, de sorte qu'il ne faut pas espérer qu'il diminue ses investissements dans Chrome et laisse une quelconque chance à un autre acteur de le rattraper.

Ce rapide tableau dressé, quelles sont les options de Mozilla dans la bataille actuelle ?

L'affaire des DRM dans HTML5

Deux questions : quels étaient les choix de Mozilla ? Que pouvons-nous faire ?

Qu'est-ce que Mozilla pouvait faire ?

Mozilla avance que le refus d'intégrer le DRM HTML5 aurait conduit à marginaliser Firefox. Si l'on admet ce postulat, le dilemme était : Mozilla doit-il se saborder ou intégrer le DRM HTML5 ?

Deux exemples me viennent en tête dans la récente affaire PRISM :

  • Edward Snowden a dû tout abandonner et risquer la sécurité de ses proches pour alerter le monde des dérives totalitaires en cours.
  • Lavabit a préféré arrêter ses activités plutôt que de se soumettre à un mandat de recherche du gouvernement des États-Unis, son dirigeant refusant d’être complice d’un crime contre le peuple américain.

Peut-être que, si Mozilla avait accepté de tout perdre comme Snowden ou Lavabit, cela aurait pu initier un changement ?

Tandis que là, il n’y a apparemment pas de problème avec les DRM puisque tous les navigateurs populaires les embrassent, même celui d’une organisation sans but lucratif ! Bref, le message envoyé aux responsables politiques est : « pas de problème politique avec ça, question suivante ».

Mozilla n’a pas pris le chemin de Snowden ou Lavabit (mais qui peut le lui reprocher, qui peut imposer à quelqu’un d'autre son sacrifice ?) et a considéré qu’il pourrait continuer d’influer à d’autres niveaux.

Mais cela veut dire de facto « à un niveau où il pourra former des alliances » (puisqu'il ne peut dorénavant, seul, faire pencher la balance). Comme c'est le cas de l'alliance qu'il forme actuellement avec Google pour faire évoluer la plateforme Web malgré l’inertie d’Apple qui, avec son juteux système d’applications natives, n’est pas pressé d’être concurrencé par des applications universelles (Safari est devenu le nouvel IE6).

Bref, sauf peut-être à se sacrifier, Mozilla ne peut rien tout seul. En revanche il peut (peut-être) faire des choses en formant des alliances de circonstance... Mais est-ce vraiment le cas ?

Dans l'exemple précédent d'alliance avec Google, ce dernier a t-il besoin de Mozilla ? Mozilla peut-il vraiment lui faire faire ce qu’il n’a pas déjà décidé ? Autrement dit, la plateforme Web évoluerait-elle finalement moins sans Mozilla ? On en revient à la question de l'influence de Mozilla : s'il n'en a pas eu présentement, les possibilités d'influer à l'avenir paraissent faibles pour ne pas dire nulles, même en formant des alliances : avec un acteur largement dominant, les possibilités d'alliance sont de fait limitées.

Au final il apparaît que, hors sacrifice ultime (Snowden, Lavabit…), Mozilla ne sert peut-être à rien (ou presque) sans parts de marché significatives, spécialement dans cette configuration où un acteur est ultra dominant.

Que peut-on faire ?

Nous voulons que ça change ? Aidons Mozilla à prendre des parts de marché. Si possible à Google, d'ailleurs, ça sera deux fois plus efficace puisqu'il est l'acteur dominant. Nous pouvons le faire avec nos petites mains, par le bouche à oreille, etc.

La réponse devrait toutefois être principalement politique, à mon sens : il y a clairement des pratiques commerciales abusives de la part de Google (le jeu des installations parasites, l'abus de position dominante sur le marché de la publicité en ligne et des moteurs de recherche). Notamment, une loi imposant que l’option d'installation de logiciels et fonctions non demandés soit décochée par défaut semble légitime. Que font les politiques ? Que faisons-nous pour les faire bouger ?

(Lire la deuxième partie de cette analyse : Comment réaliser l'acte 2 du projet Mozilla : l'épineuse question du financement)



[1] En substance : la démocratie produit de l'individualisme, mais elle a besoin du collectif pour se régénérer.

15 commentaires

#1 mercredi 21 mai 2014 @ 19:26 otyugh a dit :

J'aurais préféré voir Firefox mourir, et que les gens se tournent vers je sais pas... http://www.dillo.org/ ?
Un projet libre et conçu pour être pour tout le monde.

Un logiciel qui demande autant de puissance et autant de mémoire vive que firefox/chromium, ça me semble déjà être privateur tant c'est peu économe en ressource.
Le problème du logiciel actuellement c'est que 90% de la puissance va à faire des beaux trucs. Pas des trucs efficaces, qui fonctionnent bien.
Et c'est très dommage pour l'utilisateur de se faire avoir par l'aspect "joli" et de ne marcher que pour ça.

#2 jeudi 22 mai 2014 @ 06:25 Cascador a dit :

Hello,

Article très intéressant, bravo !

Quelques banalités qui ne sont peut-être pas connues par tous (car je vois beaucoup de libristes uniquement sur GNU/Linux et fuir Google) :
- Gmail, Android, GoogleMaps, le moteur de recherche Google, Youtube vont naturellement t'amener à l'installation de Chrome
- Chrome est packagé avec Avast et Adobe Flash sur Windows et ça, ça fait très très mal et c'est installé par de nombreux utilisateurs

Tcho !

#3 jeudi 22 mai 2014 @ 08:20 Pom_ a dit :

Merci pour l'article !
Il y a quelques années, Mozilla faisait office d'outsider avec Firefox, de provocateur pour montrer que oui, on peut respecter l'utilisateur, oui, on peut implémenter correctement et utiliser les standards ouverts du web pour en faire un produit viable.
Maintenant, ils ont prouvé cela.

Le problème est qu'il y a toujours de nouvelles technologies et de nouveaux marchés (mobile) qui s'ouvrent avec leur spécificité, leur nouveauté, et ceci (trop) souvent au détriment des standards et de l'ouverture.

Peut-être faut-il d'autres Mozilla provocateurs et innovants, pour que l'expérience Firefox se renouvelle?

#4 jeudi 22 mai 2014 @ 08:40 22decembre a dit :

@otyugh :

C'est ce que j'appelle le paradoxe de la moquette…

Pour moi une interface visuelle agréable et jolie c'est le confort, un environnement où tu aime bien te trouver. Tandis qu'un environnement dépouillé style ligne de commande telle qu’apprécié par les geeks & co, est lui fonctionnel avec la froide esthétique et efficacité du béton brut…

Tu peux pas reprocher aux gens de vouloir être dans un environnement confortable…

Je suis moi-même maintenant dev' de petits logiciels, et je dois avouer que je passe une part non négligeable du temps sur l'interface utilisateur, simplement pour la rendre jolie et confortable. Parce que si je ne le faisait pas, bah je n'aurais de toute façon aucune envie d'utiliser mon propre logiciel tellement je me sens frustré par son esthétique non confortable…

D'autre part, si je rejoins ton avis sur la conso de ressources (espace disque, mémoire, cpu, serieux, un nav web ça consomme tout ça ?), l'affichage de pleins de videos, le pré-chargement de liens, les mots de passe sauvegardés dans tous les sens… C'est pas joli, c'est de la fonctionnalité, et m'est avis que c'est ça qui bouffe de la ressource, pas l'interface graph'…

#5 jeudi 22 mai 2014 @ 10:32 j-c a dit :

Le texte semble prendre des pincettes avec l'affirmation comme quoi l'absence de gestion des DRMs va faire perdre des pdm à Mozilla, mais par contre part du principe qu'un sacrifice de Mozilla aurait été efficace.
Le deuxième point me parait pourtant bien plus incertain que le premier.
Personne n'est au courant pour Lavabit (ceux qui sont au courant sont ceux qui sont très très fortement conscientisés aux problèmes que pose Google et co.). La politique n'a absolument pas changé avec l'exemple de Lavabit, au contraire, les décideurs savent qu'ils peuvent se foutre de se genre de question, car si une entreprise se rebiffe, cela n'a aucun impact sur le grand public.
Pareil pour Snowden, où au delà de l'aspect spectacle, la prise de conscience du grand public a été plutôt faible (voire même négative dans certains cas avec des gens pour qui les considérations de vie privée sont des caprices de geeks déconnectés de la réalité)

Je ne prétends pas que la stratégie de Mozilla est la bonne.
Je pense que lorsqu'il y a un choix comme celui-ci (pragmatique vs. idéologique), personne ne peut prétendre qu'un choix est évidemment le meilleur qu'un autre. Dans certains cas similaires à celui-ci, le choix qu'a pris Mozilla s'est révélé être stupide. Dans d'autre, le choix défendu ici s'est révélé être stupide.

#6 jeudi 22 mai 2014 @ 10:54 Frederic Bezies a dit :

Un sacrifice est TOUJOURS inutile. Le libre est à un tournant : soit se durcir et se mettre en minorité, soit s'adoucir et se répandre.

D'un côté les puristes qui disent : faut forker Firefox pour le rendre libre (cf IceCat et ses 5 versions de retard sur le plan des correctifs de sécurité) et les autres qui disent : faut savoir rester prudent.

Les DRMs existeront que les libristes tapent du pied dans leurs coins ou pas.

J'ai mis Mozilla Firefox de côté après 14 ans d'utilisation de navigateur au lézard. Je suis d'accord avec leur idée d'ajouter un support de l'EME.

Cependant, j'ai agi ainsi pour dénoncer la dérive sectariste du libre. Faites mourir Firefox, qui sera le prochain ? LibreOffice ?

#7 jeudi 22 mai 2014 @ 11:08 Yeti a dit :

J'utilise Chromium sur mon Ubuntu uniquement pour aller sur les sites de boules.
Pour le reste, je suis depuis toujours sur Firefox.
Du coup Google peut aller récupérer les mots clés que j'utilise dans mes recherches, il va pas être déçu :))))

#8 jeudi 22 mai 2014 @ 13:54 j-c a dit :

@ Frederic Bezies:

Je ne pense pas qu'on puisse dire qu'une des ces stratégies est forcément mauvaise. C'est juste une question d'idéologie.
Historiquement, les 2 stratégies ont été utilisées, parfois avec succès, parfois pas (et la stratégie inverse aurait donc été une meilleure idée).

Il y a des libristes puristes qui prétendent que cette stratégie est bonne et qu'une approche plus pragmatique est mauvaise. Il y a des libristes pragmatique qui prétendent que cette stratégie est mauvaise.
Tu sembles être "libriste pragmatique borné" en déclarant que ta solution est la bonne et que ce qui tue le libre, ce sont les idiots qui appliquent des solutions "pures" (et qui selon toi sont trop nombreux dans le libre).
Tu fais la même erreur que les "libristes puristes bornés" qui déclarent que ce qui tue le libre, ce sont les initiatives pragmatiques du genre de celle de Mozilla (et qui selon eux sont trop nombreuses dans le libre).

Bref, j'ai un peu du mal à approuver une approche comme la tienne, vu que tu adoptes le même comportement que ceux que tu critiques (la différence étant que tu n'as pas la même idéologie, alors que tu n'as pas plus de légitimité à prétendre que ton idéologie est la bonne).

Une attitude plus saine est de dire:
Dans le libre, il y a plein d'idéologie différente. Un logiciel ne peut pas suivre toutes les idéologies à la fois. Et il n'y a aucune réelle raison qu'une idéologie est meilleure qu'une autre. Donc, quand un logiciel adopte un choix, s'il ne vous convient pas, arrêtez de râler: votre frustration est tout aussi importante que serait celle d'un autre si le choix vous aurait plu.

#9 jeudi 22 mai 2014 @ 17:15 Frederic Bezies a dit :

"Il y a des libristes puristes qui prétendent que cette stratégie est bonne et qu'une approche plus pragmatique est mauvaise. Il y a des libristes pragmatique qui prétendent que cette stratégie est mauvaise.
Tu sembles être "libriste pragmatique borné" en déclarant que ta solution est la bonne et que ce qui tue le libre, ce sont les idiots qui appliquent des solutions "pures" (et qui selon toi sont trop nombreux dans le libre).
Tu fais la même erreur que les "libristes puristes bornés" qui déclarent que ce qui tue le libre, ce sont les initiatives pragmatiques du genre de celle de Mozilla (et qui selon eux sont trop nombreuses dans le libre). "

Pour tout te dire, je pense que le compromis est indispensable pour vivre en société.

Trop de rigueur est contre productif. Quand on voit le nombre de forks de chaque navigateur, on se demande : quel intérêt autre que celui de la masturbation intellectuelle et technique ?

"Bref, j'ai un peu du mal à approuver une approche comme la tienne, vu que tu adoptes le même comportement que ceux que tu critiques (la différence étant que tu n'as pas la même idéologie, alors que tu n'as pas plus de légitimité à prétendre que ton idéologie est la bonne)."

C'est vrai, quelle drôle d'idée que de dire que le mieux est l'ennemi du bien :)

"Une attitude plus saine est de dire:
Dans le libre, il y a plein d'idéologie différente. Un logiciel ne peut pas suivre toutes les idéologies à la fois. Et il n'y a aucune réelle raison qu'une idéologie est meilleure qu'une autre. Donc, quand un logiciel adopte un choix, s'il ne vous convient pas, arrêtez de râler: votre frustration est tout aussi importante que serait celle d'un autre si le choix vous aurait plu."

C'est ce que je disais dans mon billet où je disais que la MoFo était dans une situation où elle se ferait taper sur la tronche quelque soit son choix.

Du moins, j'espère que je pourrais bientôt accéder de nouveau à mon blog, étant donné que celui-ci est actuellment indisponible, aussi bien au niveau ftp que http.

Attaque par déni de service ? Maintenance imprévue du serveur ?

#10 vendredi 23 mai 2014 @ 03:02 pseudo a dit :

Vous en avez pas marre de penser dans le cadre fermé archaïque et réactionnaire des trust et des gouvernements actuels?

Sans déconner, gnagna sectaire, gnagnagna mourrir.

Firefox est un logiciel libre et la mozilla une foudation a but lucratif ou pas?

Vous vous rendez compte de l'aberration de vos propos ceux qui parlent comme ca dans les commentaires?

Jouer avec la même logique que les méchants et vous l'aurez toujours dans le cul parce qu'au final ils gagneront sur tous les plans, d'abord idéologique puisque vous cédez et ensuite dans la pratique puisque ca sera devenu la norme.

La seule chose dont nous avons besoin pour faire vivre le logiciel libre c'est des développeurs et des utilisateurs.
Ensuite si vous croyez que vous pouvez lutter contre les GAFA+NSA etc dans l'état actuel des choses, vous rêvez, dès lors encore une fois, a quoi bon en plus vendre son âme quand c'est tout ce qu'il nous reste?

La seule chose qui pourra vraiment faire progressez le libre de facon vraiment significatives a même de changer les choses c'est la fermeté et la mise en place de politiques publique favorable a celui ci et RIEN D'AUTRE.

Sans ca, vous ne ferrez que faire du blabla dans le vent.

#11 vendredi 23 mai 2014 @ 14:16 j-c a dit :

@ Frederic Bezies:

"Pour tout te dire, je pense que le compromis est indispensable pour vivre en société."

Exactement: le meilleur compromis est d'avoir le choix entre le fromage et le dessert, pas d'imposer le fromage et de dire que le dessert n'était pas un compromis: ni le dessert ni le fromage n'est un compromis. Encore moins un mélange des deux, qui est l'échec à la fois du dessert et du fromage.

Les solutions que tu préconises sont pour certains des mauvaises solutions, et ils ont tout aussi raison que toi lorsque tu dis que les solutions qu'ils préconisent sont mauvaises.

J'ai l'impression que tu dis: il faut faire des compromis à condition que je n'en ai aucun à faire.

"Quand on voit le nombre de forks de chaque navigateur, on se demande : quel intérêt autre que celui de la masturbation intellectuelle et technique ?"

Il faudrait savoir: tu changes de navigateur pour des raisons _purement_ idéologique et tu dis ensuite que les raisons purement idéologiques ne devraient pas avoir un impact dans le choix.

"C'est vrai, quelle drôle d'idée que de dire que le mieux est l'ennemi du bien :)"

Et c'est exactement ce que font les personnes que tu critiquent: ils disent que le mieux (que tu penses être un "bien") est l'ennemi du bien (que tu penses être un "mieux").
Le problème que j'ai avec ton raisonnement, c'est que tu ne sembles pas te rendre d'à quel point ta réaction est la même que celle que tu critiques.

"C'est ce que je disais dans mon billet où je disais que la MoFo était dans une situation où elle se ferait taper sur la tronche quelque soit son choix."

Exact: si la MoFo avait fait ce qu'aurait aimé la FSF, tu aurais été un des premiers à critiquer son choix, du genre "encore un logiciel qui s'éloigne des utilisateurs pour des raisons idéologiques".

#12 lundi 26 mai 2014 @ 11:13 antistress a dit :

Merci à tous pour vos commentaires encourageants :)

@Cascador : merci pour tes précisions. En effet j'ai dû moi-même faire des recherches sur le Web, n'étant pas directement confronté à ce parasitisme de Google.

@Pom_ : peut-être ! Mais je propose en attendant des pistes dans ce billet et le suivant ;)

@j-c : "Le texte semble prendre des pincettes avec l'affirmation comme quoi l'absence de gestion des DRMs va faire perdre des pdm à Mozilla"
J'ai tenu compte de l'existence de positions contraires (Cory Doctorow) d'où l'emploi du conditionnel. Mais j'ai construit mon raisonnement en m'appuyant sur l'hypothèse de Mozilla pour pouvoir la tester.
"mais par contre part du principe qu'un sacrifice de Mozilla aurait été efficace"
Pas tout à fait : je dis que la position de Mozilla ne résout pas la question de sa non-influence dans le contexte actuel, et qu'elle peut s'avérer dommageable en légitimant les DRM. Et que le sacrifice de Mozilla aurait pu peut-être (au conditionnel) avoir une influence. Mais, en effet, ce n'est pas évident du tout !
Sur un autre sujet, je te trouve septique quant à l'impact de Snowden. Certains changements, profonds, ne se voient pas tout de suite... Attendons !

@Fred : "Le libre est à un tournant : soit se durcir et se mettre en minorité, soit s'adoucir et se répandre'
Le libre a toujours été confronté à ce dilemme, il me semble !

@Yéti : ;)

@pseudo : je pense que ton propos n'est pas si éloigné de ma conclusion.

#13 lundi 26 mai 2014 @ 14:00 j-c a dit :

@ antistress:

Merci pour les précisions.

Concernant les deux éléments du texte, je reconnais que c'est une question d'interprétation du texte. Mais étant donné que c'est un élément de dispute important, j'aurais préféré voir une explication où il ressort clairement que aucun des deux camps ne peut se prévaloir d'avoir raison (et ce de manière neutre, les tournures du genre "même si on peut dire que A, il faut reconnaitre que B" ne sont pas neutres).

Concernant l'effet de Snowden: je pense que le mot "faible" est plutôt réaliste, y compris en prenant en compte un changement profond et donc lent. La prise de recul n'est pas forcément évidente: on a tendance à fortement sur-évaluer les effets qui font partie de nos convictions. Par rapport à ça, les succès des politiques de Google, de Facebook ou d'Apple sur le grand public, qui défendent l'idée que le contrôle d'une entreprise n'est finalement pas vraiment dommageable pour l'utilisateur, peuvent également avoir un impact (je pense même qu'une confirmation par les faits est en général bien plus efficace pour avoir un impact profond). Ces changements peuvent être tout aussi profonds et tout aussi difficiles à voir, et totalement contrer l'impact des révélations de Snowden. Mon avis tient également compte de ça.

#14 lundi 26 mai 2014 @ 17:45 antistress a dit :

@ j-c : En fait, je suis passé rapidement sur ce point car il se trouve que je suis plutôt de l'avis de Mozilla quand elle dit que ne pas embrasser les DRM l'aurait probablement marginalisée. Mais je ne voulais pas négliger l'avis contraire. C'est marrant qu'au final ce soit le sentiment contraire qui ressorte de ma prose ;)

Oui, en effet, et d'ailleurs j'en peux plus de lire que la censure d'Apple sur les logiciels et contenus "c'est pour notre bien" :-/

#15 lundi 26 mai 2014 @ 20:41 Cascador a dit :

J'ai oublié de dire que Chrome est également packagé avec Adobe Reader, ça reste le logiciel massivement installé pour lire les pdf sur Windows...

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